Ce lundi, premier jour de la rentrée scolaire pour l’année 2026-2027, ne sera pas le même pour tous les élèves inscrits dans le système de l’Éducation nationale, qui s’apprête à faire ses adieux à un ministre sortant, Mohammed Berrada, qui aura fait ce qu’il a pu.
Au-delà des difficultés financières habituelles vécues par les parents dans l’achat des livres et des fournitures, il y a surtout un phénomène dans ce système qui commence à inquiéter : celui des Écoles Pionnières, illustration d’un Maroc à deux vitesses détesté.
Fruit d’une réforme importée d’autres cieux et assaisonnée à la sauce locale, ce procédé, visant à créer de nouveaux espaces d’apprentissage pour transformer parallèlement l’École marocaine par de nouvelles structures scolaires réservées aux meilleurs élèves, disposant de plus de moyens et travaillant dans un cadre accueillant, a vu ce type d’Écoles Pionnières se reproduire en nombre croissant.
En voulant soigner ses maux et ses retards en lui imposant un modèle de nouvelles écoles à expérimenter, avec un enseignant mieux formé, des classes moins chargées et un accès aux nouvelles technologies, les parents des élèves confinés dans des établissements classiques craignent de les voir souffrir d’un complexe d’infériorité qui ne ferait qu’aggraver le risque d’une déscolarisation précoce qu’ils imaginent venir pernicieusement par ce procédé du deux poids, deux mesures au sein d’une même école.
Le débat houleux sur cette réforme, dont il est difficile pour l’instant d’évaluer les chances de réussite et la portée réelle, commence à prendre forme et annonce une fragmentation de l’enseignement comme celle vécue avec le privé. Ce n’est pas le meilleur gage pour l’avenir de l’Éducation nationale.
N’y avait-il pas un autre moyen de la réformer sans créer de disparités entre les enfants et sans risquer de les braquer ?



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