Pour les Marocains, obtenir un visa Schengen ressemble déjà trop souvent à un parcours semé d’obstacles. Et 2027 pourrait apporter une nouvelle couche de contraintes, au moment où l’Union européenne prépare une révision de sa politique des visas, avec davantage de numérisation, de contrôles et une possible révision des tarifs.
Aujourd’hui, une demande de visa de court séjour coûte 90 euros pour un adulte et 45 euros pour un enfant de 6 à moins de 12 ans. Le Code européen prévoit que la Commission réévalue périodiquement ces montants, notamment en fonction de l’inflation et de l’évolution des salaires dans les États membres.
Mais il existe un détail qui irrite particulièrement les demandeurs : en cas de refus, les frais de visa ne sont pas remboursés, sauf dans quelques situations procédurales spécifiques prévues par les textes. Autrement dit, le demandeur peut perdre ses 90 euros sans obtenir le précieux sésame. Et s’il dépose un nouveau dossier, il doit de nouveau acquitter les frais. À cela peuvent s’ajouter les frais du centre prestataire chargé de recueillir la demande.
Certes, un refus doit être motivé et le demandeur dispose d’un droit de recours, selon les règles du pays ayant pris la décision. Mais la procédure normale peut déjà nécessiter 15 jours et atteindre 45 jours lorsqu’un examen plus approfondi est nécessaire.
Bruxelles veut parallèlement changer de philosophie. Sa nouvelle stratégie vise à rendre les déplacements plus rapides et prévisibles pour certains voyageurs, notamment les hommes d’affaires, talents et profils considérés comme fiables. Des visas à entrées multiples d’une durée plus longue sont notamment envisagés pour ces voyageurs réguliers.
Pour les autres, le maître-mot sera surtout numérisation. À terme, les demandes doivent passer par une plateforme européenne commune et le visa numérique remplacera la traditionnelle vignette collée sur le passeport. Les données biométriques continueront cependant à nécessiter, dans certains cas, une présence physique.
La future réforme vise également à renforcer la dimension sécuritaire du système et prévoit la possibilité de mesures restrictives ciblées à l’encontre de certaines catégories de ressortissants de pays tiers dans des circonstances déterminées.
Pour les Marocains, une question reste donc en suspens : combien faudra-t-il payer demain pour demander un visa dont l’obtention n’est jamais garantie ? Car si les frais augmentent effectivement en 2027, le prix du refus augmentera lui aussi.
Par Salma Semmar



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