Le Rassemblement national des indépendants n’a pas attendu la proclamation des résultats des élections qu’il vient de perdre pour voir ses rangs se clairsemer.
Dès le départ précipité de son ancien leader, le milliardaire marocain Aziz Akhannouch, la formation de la colombe a vu des membres influents la quitter. Ce mouvement inquiétant s’est accentué à la veille des élections, avec un phénomène de transhumance politique qui a surtout profité au vainqueur du scrutin : le PAM. Principal bénéficiaire de ces ralliements, le parti du tracteur peut aujourd’hui se réjouir de sa politique de recrutement.
Au lendemain de cette défaite amère, la formation, manquant de visibilité et d’un nouveau leader charismatique, a assisté, impuissante, à une hémorragie qui se poursuit, surtout parmi les élus locaux. Un élément supplémentaire à prendre en considération à l’approche des prochaines élections municipales et régionales : ces départs pourraient se traduire par des pertes considérables dans les fiefs consolidés par « Si Aziz », qui avait su, malgré ses échecs, préserver la cohésion du parti.
Sans lui et sans son apport, le RNI a non seulement perdu sa place de première formation du pays, mais se trouve également contraint de rompre avec son ancrage gouvernemental. Il ne semble plus avoir d’autre choix politique que de rejoindre, à son corps défendant, les bancs de l’opposition, où siègent également les islamistes.
Ce voisinage parlementaire ne signifie toutefois pas une alliance. Le RNI devra construire sa propre ligne et démontrer qu’il peut exister autrement que par l’exercice du pouvoir. À défaut, son passage dans l’opposition pourrait accélérer l’érosion de l’influence patiemment bâtie par Aziz Akhannouch, dont le projet politique risque désormais de sombrer dans les oubliettes.



Contactez Nous