La presse internationale ne s’attendait sans doute pas à consacrer sa une au Maroc avant de découvrir comment la nouvelle cheffe du gouvernement, F. Z. Mansouri, avait sèchement recadré un responsable du groupe parlementaire du parti islamiste, meneur de l’opposition. Celui-ci avait commis un impair en l’interrompant et en se trompant, apparemment à dessein, dans la désignation de sa fonction.
Cette scène mémorable s’est produite lors de la présentation du programme gouvernemental. Mansouri a repris le dénommé Azami qui, après l’avoir interrompue — premier accroc —, l’avait interpellée avec cette formule classique : « Monsieur le chef du gouvernement ». Une séquence embarrassante, retransmise en direct, qui pourrait le poursuivre tout au long de son mandat.
Il n’en a pas fallu davantage pour que F. Z. Mansouri lui réponde fermement. Elle lui a d’abord demandé de l’appeler « Madame la cheffe du gouvernement », avant de rappeler qu’elle était une femme instruite, devenue cheffe de l’Exécutif après avoir exercé les fonctions de maire. Elle a également dénoncé la vision qu’elle attribue au chef de son parti : celle de femmes cantonnées à leur foyer, à l’écart du travail, de la politique et des responsabilités gouvernementales, condamnées, en somme, à s’effacer.
La presse internationale et les réseaux sociaux se sont alors largement emparés de cet échange pour commenter le contexte marocain, où la direction du gouvernement se conjugue désormais au féminin. Cette séquence apparaît comme une démonstration de fermeté politique face à une tentative de déstabilisation devant les deux chambres du Parlement.
En cherchant à la mettre en difficulté, son interlocuteur aurait surtout exposé son propre manque de retenue devant l’opinion publique, y compris auprès d’une partie des électeurs du PJD. Dans cette première épreuve de force, en guise de bienvenue, c’est bien lui qui semble sortir perdant, tant sur le plan politique que sur celui de son image.



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