Le départ de la Minurso ouvre une nouvelle séquence au Sahara, où une question devient centrale : comment préserver la stabilité lorsque disparaît le dispositif chargé de surveiller le terrain ? Après le non-renouvellement de son mandat, arrivé à échéance le 31 octobre, les Nations unies ont engagé la liquidation de la mission et la fermeture progressive de ses treize sites.
Pour Rabat, cette transition ne remet pas en cause l’engagement en faveur du cessez-le-feu. Le communiqué du Cabinet royal du 30 octobre réaffirme cet attachement, tout en soulignant les impératifs d’intégrité territoriale, de sécurité nationale et de tranquillité des citoyens. Le Royaume entend ainsi conjuguer responsabilité diplomatique et vigilance sécuritaire, dans une phase où les modalités de surveillance restent à clarifier.
Au cœur des interrogations figure l’accord militaire numéro 1, qui encadre les activités militaires autour du dispositif de défense marocain. Ce texte définit notamment des zones soumises à différentes restrictions et organise les rapports avec les observateurs onusiens. Sa rédaction ne prévoit pas explicitement son extinction automatique à la fin du mandat de la Minurso. Mais cette absence ne permet pas davantage de conclure que toutes ses procédures pourraient fonctionner sans elle.
Il faut donc distinguer les engagements militaires des moyens nécessaires pour en vérifier le respect. Les patrouilles, les investigations et les notifications dépendaient largement de la présence des observateurs. Leur retrait pose désormais la question des canaux susceptibles de documenter les incidents et de prévenir les erreurs d’appréciation.
Le risque serait de voir chaque événement alimenter des récits contradictoires, sans vérification indépendante comparable. Des échanges diplomatiques, des mécanismes d’alerte ou de nouvelles modalités de surveillance pourraient contribuer à réduire cette incertitude. Leur mise en place suppose toutefois des décisions et des arrangements précis ; elle ne découle pas automatiquement du départ de la mission.
Pour le Maroc, l’enjeu consiste à accompagner cette transition en préservant ses acquis diplomatiques et sa sécurité. La fin de la Minurso change le cadre opérationnel ; elle ne dispense aucun acteur de prévenir l’escalade. L’ONU appelle d’ailleurs l’ensemble des parties à la retenue pour préserver la stabilité régionale.



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