Le tribunal de première instance de Marrakech a condamné, dans la soirée du mercredi 4 novembre, la chanteuse populaire connue sous le nom de Chikha Trax à huit mois de prison ferme. Ce jugement intervient dans une affaire mêlant un enregistrement sonore controversé et des plaintes croisées dans son entourage familial. Sa belle-sœur a également écopé de huit mois de prison ferme, selon les comptes rendus de l’audience.
Au cœur du dossier figure un audio attribué à l’artiste, dont la circulation sur les réseaux sociaux avait suscit l’indignation d’habitants du quartier Sidi Youssef Ben Ali, à Marrakech. Plusieurs d’entre eux avaient saisi le parquet, estimant que les propos portaient atteinte à leur dignité et comportaient des expressions discriminatoires. Leur plainte dénonçait notamment des contenus susceptibles de constituer une incitation à la haine.
L’enquête avait conduit, le 13 octobre, au placement de la chanteuse en détention à la prison de l’Oudaya. Les poursuites portaient notamment sur l’incitation à la discrimination et à la haine par des moyens électroniques, ainsi que sur des menaces et des violences. Plusieurs audiences avaient ensuite été nécessaires pour examiner le dossier et permettre aux différentes parties de présenter leurs arguments.
L’affaire comportait aussi un volet familial, marqué par des accusations réciproques entre la chanteuse et sa belle-sœur. Ces plaintes doivent être distinguées des faits dénoncés par les habitants : les accusations formulées au cours d’une procédure ne correspondent pas nécessairement, dans leur totalité, aux infractions finalement retenues par le tribunal. Les publications consultées ne reproduisent pas intégralement le jugement.
Un montant de 120 000 dirhams de dommages-intérêts est également rapporté. Les comptes rendus divergent toutefois sur sa répartition entre les condamnées ; il convient donc de ne pas le présenter comme une amende pénale.
Prononcée en première instance, cette décision reste susceptible d’appel. Elle marque une nouvelle étape judiciaire dans une affaire où un conflit privé et la diffusion de propos sur les réseaux sociaux ont pris une dimension publique.



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