Alors que le monde célèbre une nouvelle fois la Journée mondiale de la poésie, le contraste n’a jamais été aussi saisissant. D’un côté, les hommages officiels et les discours convenus ; de l’autre, un monde en proie aux conflits, aux catastrophes et à une violence qui semble reléguer la parole poétique au second plan. C’est dans ce contexte que s’élève la voix d’Adam Fathi, appelant à redonner à la poésie sa véritable place : celle d’un acte de résistance.
Car, rappelle-t-il, la poésie n’est ni un divertissement ni une décoration culturelle. Elle est une prise de position. Une manière de voir et de nommer le monde autrement, là où les discours dominants cherchent à édulcorer la réalité. Le poète, lui, refuse les mots aseptisés. Il ne parle pas de « dommages collatéraux » lorsqu’un enfant meurt sous les décombres, ni de « neutralisation » lorsqu’un homme est tué. Il regarde là où d’autres détournent les yeux.
Dans un univers de plus en plus dominé par la logique du chiffre, du profit et des algorithmes, les poètes apparaissent comme des figures marginales, presque dérangeantes. Ils ne produisent rien de mesurable, ne servent aucune stratégie, et pourtant, leur parole dérange. Peut-être parce qu’elle demeure libre. Trop libre pour être récupérée.
La poésie, écrit Fathi, est cette herbe fragile qui pousse dans les fissures du béton. Elle ne sauvera ni les villes ni les climats, mais elle empêche le langage de sombrer dans l’inhumanité. Elle maintient vivante la capacité d’imaginer, et donc, de résister.
Dans ce siècle marqué par la montée des machines et l’érosion du sens, la poésie pourrait bien incarner le dernier refuge de l’humain. Une forme de résistance silencieuse mais essentielle.
Car si la guerre ne craint pas les poètes, elle redoute encore, un peu, leur regard.












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