Une alerte familiale, au départ traitée comme un signalement de disparition inquiétante, a débouché sur une affaire autrement plus grave à Agadir. Les opérations de recherche menées par les éléments de la sûreté relevant de la 7ᵉ circonscription policière ont permis de remonter la piste d’un réseau soupçonné de recruter et d’attirer des filles, tout en organisant des activités de prostitution dans la ville.
Tout commence par l’absence inexpliquée d’une adolescente, disparue du domicile familial dans des circonstances jugées inhabituelles. Inquiète, sa mère se rend auprès des services de police pour signaler cette disparition. Les enquêteurs ouvrent alors une procédure de recherche au bénéfice de la famille, tout en avisant la procureure/ le procureur compétent (le parquet), conformément à la procédure en vigueur.
Les investigations s’accélèrent grâce à un suivi minutieux des déplacements de la mineure et à l’utilisation de moyens techniques et technologiques. Ces éléments conduisent les forces de l’ordre à circonscrire la zone où elle se trouverait, jusqu’à la localiser dans une résidence du quartier Salam, à Agadir.
Sur place, les policiers découvrent des indices laissant présager un rassemblement suspect dans un appartement. Sur instructions du parquet, une intervention est déclenchée. La perquisition de l’appartement, situé dans une résidence connue sous l’appellation « Jit Sakan », aboutit à l’interpellation de cinq jeunes hommes et cinq jeunes femmes, parmi lesquelles la mineure recherchée. Le groupe a été appréhendé en flagrant délit, dans une situation relevant, selon les premiers éléments, de la prostitution et de la corruption de mineures.
L’opération conduit également à l’arrestation de la propriétaire du logement, suspectée d’avoir transformé son appartement en lieu dédié à la prostitution, en le louant à des personnes cherchant à y organiser des rendez-vous à l’abri des regards. Les personnes interpellées, dont quatre hommes connus des services de police pour des antécédents judiciaires, ont été conduites au commissariat et placées en garde à vue, afin d’être entendues dans le cadre d’une enquête menée sous la supervision du parquet. Objectif : établir les circonstances exactes de leur présence, identifier les responsabilités individuelles et déterminer l’ampleur éventuelle du réseau.
Au-delà de cette affaire, l’enquête remet en lumière un phénomène inquiétant que des habitants dénoncent depuis un certain temps : la transformation de certains appartements, dans des résidences du quartier Salam et d’autres zones d’Agadir, en “planques” louées à la journée ou à l’heure. Selon plusieurs informations, des intermédiaires loueraient des logements auprès de propriétaires, avant de les sous-louer à des clients recherchant des lieux discrets.
Le quartier Salam, réputé très fréquenté et fortement habité, notamment par des étudiants, serait particulièrement ciblé : l’entrée de femmes dans certaines résidences n’y suscite pas toujours la suspicion des gardiens, qui les assimilent souvent à des résidentes ou étudiantes. Un contexte urbain qui, selon les mêmes sources, faciliterait les pratiques clandestines et complexifierait la prévention.
L’enquête en cours devra désormais déterminer si l’affaire relève d’un réseau structuré, d’un système de recrutement, ou d’initiatives isolées, et préciser le rôle exact de chaque suspect. En attendant, cette opération rappelle que les disparitions signalées — même lorsqu’elles semblent relever d’un cas individuel — peuvent parfois dévoiler des réalités souterraines plus graves, au croisement de la vulnérabilité des mineurs et de la criminalité organisée.
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