Le ministère des Habous et des Affaires islamiques resserre la vis : une récente circulaire attribuée à Ahmed Toufiq rappelle aux délégués régionaux leur obligation de veiller au respect « strict » des constantes religieuses du Royaume dans les mosquées. Dans le viseur, des « dérives » jugées de nature à fragiliser l’unité spirituelle, nourrir la discorde et brouiller la ligne religieuse marocaine, traditionnellement structurée autour du rite malékite et de référentiels liturgiques bien établis.
Concrètement, la note insiste sur un encadrement plus rigoureux des prêches. Les imams sont appelés à se conformer aux sermons officiels élaborés et validés dans le cadre institutionnel des oulémas, considérés comme la boussole doctrinale nationale. Cette orientation s’appuie aussi sur le « Guide de l’imam », document de référence mis en avant par le ministère pour harmoniser les pratiques et éviter les interprétations solitaires.
Au-delà du contenu, la circulaire remet sur le devant de la scène des marqueurs de tradition : maintien de certaines habitudes de mosquée (lecture collective, invocations communes), respect des règles de récitation selon la lecture de Warsh, et même rappel d’un code vestimentaire “à l’identité marocaine”, avec djellaba et selham, présenté comme un facteur de cohésion et de continuité symbolique.
Cette fermeté intervient dans un contexte où des rapports locaux ont fait état d’un nombre important d’« infractions » relevées dans certaines régions, notamment Casablanca-Settat. Une note régionale datée du 20 février 2026 évoque un total de 1.528 manquements, dont 1.313 liés à une posture de prière (le “qabd”), ainsi que d’autres écarts portant sur des usages liturgiques (comme la lecture du “hizb”) ou des éléments jugés non conformes (appel à la prière “mélodisé”, tenue “non adéquate”, etc.).
Pour “corriger” ces écarts, le dispositif annoncé mise autant sur le contrôle que sur la pédagogie : rappels à l’ordre, rapports périodiques, mais aussi actions de sensibilisation et formations à l’art oratoire, afin d’aligner les pratiques sur le cadre officiel sans laisser s’installer des foyers de divergence dans les lieux de culte.










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