Réunis à El Jadida lors de leur congrès national extraordinaire, les militants du Rassemblement national des indépendants (RNI) ont assisté à un moment politique fort : l’annonce officielle d’Aziz Akhannouch de son retrait de la présidence du parti après dix années à sa tête. Une séquence marquée par un discours à la fois politique et humain, aux allures de bilan et de transmission.
Prenant la parole devant une salle comble, Aziz Akhannouch a rappelé que son engagement politique n’a jamais été dicté par la recherche de positions ou de titres, mais par une conviction profonde : lorsque la politique est exercée avec sincérité et responsabilité, elle devient un levier réel de transformation. À ses yeux, le Maroc traverse une phase charnière qui exige des partis politiques un comportement exemplaire, loin des slogans creux, afin de restaurer la confiance des citoyens dans l’action partisane.
Le président sortant du RNI a insisté sur la nécessité de renforcer les organisations parallèles du parti, estimant que le citoyen doit être un acteur à part entière de la vie politique. « La politique n’a de sens que lorsqu’elle est partagée », a-t-il souligné, plaidant pour un parti plus ancré dans le terrain et à l’écoute des préoccupations sociales.
Revenant sur l’expérience gouvernementale, Aziz Akhannouch a mis en avant la constitution, dès le départ, d’une majorité solide et cohérente, capable de faire face aux crises successives. Il a attribué la résilience de l’action gouvernementale à la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, rappelant que plusieurs chantiers structurants ont permis de consolider les bases de l’État social, tout en préservant les équilibres macroéconomiques dans un contexte mondial marqué par l’inflation.
Sur le plan interne, le leader des « Indépendants » a clairement rejeté la logique des leaderships éternels. Son choix de ne pas briguer un troisième mandat à la tête du parti, a-t-il expliqué, relève d’un attachement aux principes de la démocratie interne et de la nécessité d’ouvrir la voie à une nouvelle génération de responsables. Il a exprimé sa confiance dans la capacité de Mohammed Chouki à conduire le parti lors de la prochaine étape, appelant l’ensemble des militants à se rassembler autour de la nouvelle direction.
Aziz Akhannouch a conclu son intervention par un message fort : le seul véritable adversaire du RNI reste la pauvreté et la précarité. Pour lui, la lutte politique n’a jamais été dirigée contre des personnes ou des courants, mais contre toutes les formes d’exclusion portant atteinte à la dignité des citoyens.
À l’issue du congrès, les participants ont voté à l’unanimité la prolongation des structures du parti et lancé le processus d’élection d’un nouveau président, dans une atmosphère marquée par la continuité, la sérénité et la volonté d’aborder les échéances électorales de 2026 avec une organisation renforcée.


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