La page s’est tournée, vendredi 30 janvier 2026, sur l’un des dossiers les plus suivis de la gestion communale à Marrakech. La chambre criminelle chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Marrakech a condamné l’ancien président de la commune, Mohamed El Arabi Belkaïd, ainsi que son ex-adjoint Younes Benslimane, à deux ans de prison ferme chacun, assortis d’une amende de 20 000 dirhams. Le tribunal a également ordonné une réparation civile de 4 millions de dirhams au profit de l’État marocain, scellant un verdict à forte portée symbolique.
Au cœur de l’affaire : la gestion de marchés publics liés aux préparatifs de la COP22, tenue en 2016. Le dossier porte sur une cinquantaine de contrats passés de gré à gré, pour un montant global évoqué de 280 millions de dirhams. L’accusation a soutenu que la procédure d’urgence invoquée à l’époque n’était pas justifiée et qu’elle aurait servi à éviter la mise en concurrence via des appels d’offres, pourtant considérés comme la règle en matière de commande publique.
Ce jugement intervient après un long feuilleton judiciaire. En première lecture, en 2022, l’ancien maire avait été acquitté, tandis que son adjoint n’avait écopé que d’une peine avec sursis. Mais la Cour de cassation a annulé cette décision en juillet 2025, estimant que la motivation du jugement ne répondait pas suffisamment aux exigences d’argumentation, et a ordonné un renvoi devant une nouvelle formation.
Au terme de ce nouveau round, les magistrats ont retenu des qualifications lourdes : dilapidation de deniers publics, abus d’influence et obtention d’avantages indus. Une condamnation ferme qui, au-delà des personnes, rappelle que la gestion des grands événements — aussi prestigieux soient-ils — reste indissociable de l’exigence de transparence, de traçabilité et de responsabilité dans l’utilisation des fonds publics.


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