Après la capture de Nicolás Maduro, le Guide suprême iranien envisagerait sa fuite vers la Russie, selon le renseignement britannique.
Alors que les manifestations contre le coût de la vie se poursuivent en Iran et que le gouvernement a annoncé une aide mensuelle de 10 millions de rials (environ 200 euros) par personne pour tenter de calmer la colère de la rue, The Times révèle que le guide suprême, âgé de 86 ans, disposerait d’un plan pour rejoindre Moscou si les tensions venaient à s’intensifier.
Donald Trump a menacé de « frapper très durement » le régime des mollahs en cas de répression violente des manifestations en Iran. Un avertissement qui intervient quelques jours seulement après la capture de Nicolás Maduro.
Dopés par la chute de Maduro, les Iraniens continuent de défier la répression.
D’après le journal britannique, il n’y aurait pas d’autre option que la Russie pour accueillir le guide suprême, accompagné d’une vingtaine de ses proches. The Times précise également que le chef religieux « admire » Vladimir Poutine. Bachar Al-Assad avait lui aussi fui vers Moscou en décembre 2024.
Donald Trump affirme suivre les manifestations iraniennes, qui ont débuté le 28 décembre, « de très près ». Il l’a déclaré dimanche à bord d’Air Force One.
« S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront frappés très durement par les États-Unis », a-t-il averti. Une menace qui résonne différemment depuis l’opération militaire américaine au Venezuela et l’exfiltration de son dirigeant, Nicolás Maduro.
Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution, aurait donc prévu un plan de secours en cas d’échec de la répression : la fuite. Un rapport du renseignement britannique, consulté par The Times, indique qu’un « plan B » concernerait Khamenei et son cercle très restreint de proches collaborateurs et de membres de sa famille, y compris son fils et héritier désigné, Mojtaba.
Une vingtaine de collaborateurs seraient concernés. Avant toute évasion, ils seraient chargés de rassembler « biens, propriétés à l’étranger et liquidités afin de faciliter leur départ », précise encore le journal. La destination, bien que non officiellement communiquée par les services de renseignement, serait Moscou, capitale russe et alliée stratégique du régime des mollahs.
« Il n’y a pas d’autre endroit pour lui », affirme Beni Sabti, chercheur israélien ayant travaillé pour les services de sécurité de l’État hébreu.
Cette opération d’évasion serait calquée sur celle de l’ancien dictateur syrien Bachar al-Assad. Son régime était soutenu par la Russie et par le proxy libanais, le Hezbollah, ce dernier ayant toutefois été sévèrement affaibli par des frappes israéliennes en novembre 2024.
Un groupe djihadiste, Hayat Tahrir al-Cham, alors retranché dans une enclave du nord-ouest syrien autour de la ville d’Idlib, avait entamé une marche vers Damas pour prendre le pouvoir. Les forces du régime s’étaient rapidement débandées, et la Russie avait affrété un avion pour exfiltrer Bachar al-Assad, qui avait fui avec une partie de sa famille afin de trouver refuge à Moscou.
Un revers sévère pour la politique russe au Moyen-Orient, mais aussi pour l’Iran, qui perdait alors un allié stratégique majeur. Six mois plus tard, la République islamique subissait plusieurs vagues de frappes israéliennes, qui l’ont profondément ébranlée.
Par HAFID FASSI FIHRI



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