Tournant au ralenti pendant toute la durée du mois sacré, la vie politique du pays s’annonce mouvementée, avec plusieurs défis difficiles à relever en peu de temps.
Pour le gouvernement, l’urgence est à une réunion d’explication et de mise à plat des divergences au sein de la majorité, car il y a péril en la demeure, après que le chef du gouvernement a encaissé les coups de ses partenaires, leaders de partis représentés au sein de son exécutif. Ces attaques ont pris la forme de critiques acerbes sur la gestion gouvernementale et sur la politique du « seul maître à bord » suivie par Aziz Akhannouch, dont les rapports avec ses partenaires se sont sérieusement dégradés.
Au Parlement, si les débats sur les réformes en suspens ne pressent pas — car perdus dans les dédales des amendements et des visions contradictoires — l’attention portera sur le pavé dans la mare lancé par Nabil Benabdellah, leader du PPS, qui a dénoncé un gâchis de 13,3 milliards de dirhams accordés aux importateurs de viande, sans effet sur le prix d’achat pour les citoyens. Sur ce dossier, le gouvernement devra rendre des comptes, ce qui promet des échanges houleux et des débordements certains.
Ce même gouvernement devra également affronter des empoignades tout aussi intenses avec les syndicats, concernant le dialogue social, dont la reprise est annoncée pour ce mois d’avril, sans date précise, et avec un boycott probable de l’UMT et de la CDT.
Sur le plan de la politique purement politicienne, c’est la crainte de voir les formations s’impliquer encore davantage dans des campagnes préélectorales prématurées, pourtant interdites par la loi, mais que certains partis mènent allègrement par des moyens détournés.
Par Jalil Nouri
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