Pour ce troisième numéro de notre “Baromètre”, nous poursuivons notre série d’analyses consacrées aux figures publiques qui façonnent l’actualité marocaine et internationale. Le Baromètre se veut un outil de lecture critique et mesurée, évaluant l’influence, la notoriété et les enjeux liés à la concentration de responsabilités. Après Dounia Boutazout et un précédent portrait sur le président Algérien, Abdelmajid Tebboune, place aujourd’hui à l’homme aux multiples casquettes : Fouzi Lekjaa.
1. Le ministre des chiffres
Fouzi Lekjaa n’est pas seulement un homme de football. Depuis octobre 2021, il occupe un poste central dans l’architecture économique du Royaume en tant que ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget. À ce titre, il participe activement à la gestion des finances publiques, au pilotage du budget de l’État et à la définition des politiques fiscales et budgétaires dans un contexte économique national et international délicat.
2. Le stratège du football marocain
À la tête de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) depuis 2014, Fouzi Lekjaa a transformé le paysage footballistique national. Modernisation des infrastructures, qualification historique en demi-finale de la Coupe du Monde 2022, professionnalisation du championnat, mise en valeur du football féminin, et stratégie d’ouverture sur les talents binationaux : le sport-roi au Maroc vit une véritable révolution.
3. L’homme fort de Berkane
Bien qu’il se soit officiellement mis en retrait, il demeure le président emblématique de la Renaissance Sportive de Berkane, club qu’il a hissé au rang de puissance continentale. Sous son impulsion, la RSB a remporté deux Coupes de la CAF (2020, 2022), une Supercoupe d’Afrique, et dispose aujourd’hui d’une organisation modèle.
4. Une influence internationale
Son rayonnement dépasse les frontières nationales :
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Membre du Conseil de la FIFA depuis 2021, il participe aux décisions stratégiques mondiales sur l’avenir du football.
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Président de la Commission des Finances de la CAF, il supervise la gestion financière du football africain.
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Vice-président de la Commission des Compétitions interclubs de la CAF, il joue un rôle clé dans l’organisation de la Ligue des Champions CAF et autres compétitions.
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Président du Comité de Candidature Maroc–Espagne–Portugal pour la Coupe du Monde 2030, nommé personnellement par Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
Un homme-orchestre au cœur du pouvoir
Il incarne une forme de puissance transversale : à la fois technocrate, manager sportif, dirigeant influent et diplomate. Sa capacité à tisser des alliances, gérer les tensions, porter des visions ambitieuses et piloter de lourds dossiers fait de lui un pilier de l’État marocain.
Compétences indéniables… mais concentration préoccupante ?
Fouzi Lekjaa impressionne par son énergie, son efficacité et sa maîtrise des dossiers. Il semble réussir là où d’autres peinent à avancer. Mais cette accumulation de fonctions — économiques, sportives, nationales et internationales — interroge, subtilement, sur le manque de relève ou la concentration des responsabilités.
Une question se pose alors, sans remettre en cause son immense talent : Le Maroc ne dispose-t-il pas d’autres profils compétents à qui confier une partie de ces missions d’envergure ?
Une interrogation légitime dans un pays qui regorge de compétences, mais qui semble parfois confier beaucoup à un seul homme.
C »est le système d’enseignement marocain qui est responsable de la pénurie des compétences, depuis son arabisation improvisée les années quatre vingt . Pourquoi ne pas parler du gouverneur de la Banque du Maroc, encore actif et dépassant l’âge légale de départ en retraite. Quand on découvre une perle on doit la conserver.