Le Maroc joue gros ce soir. À 20h00, les Lions de l’Atlas défient le Cameroun en quart de finale de la CAN 2025, avec un billet pour le dernier carré en jeu et, surtout, la pression d’un pays hôte qui vise clairement le titre.
Au-delà de l’enjeu sportif, la rencontre s’annonce comme un test de maturité. Walid Regragui arrive à ce rendez-vous dans un climat paradoxal : des résultats solides, mais un style jugé trop prudent par une partie du public. Le sélectionneur a d’ailleurs appelé à l’unité et à la patience, rappelant qu’en match à élimination directe, seule la qualification compte.
Sur le terrain, le Maroc s’appuie sur ses cadres et sur l’efficacité de Brahim Díaz, déjà décisif tout au long du tournoi. Face à la Tanzanie en huitièmes, c’est encore lui qui a libéré les siens (1-0), sur une action initiée par Achraf Hakimi. Mais ce succès étriqué a aussi mis en lumière un point sensible : la capacité à “tuer” les matchs quand la domination ne se traduit pas au score.
Sur le plan de l’effectif, le Maroc devra composer avec plusieurs fragilités, à commencer par l’absence d’Azzedine Ounahi, véritable abeille de l’équipe, dont l’activité incessante, la justesse technique et la capacité à relier les lignes manquent cruellement au milieu de terrain. Son forfait prive les Lions de l’Atlas d’un joueur capable d’accélérer le jeu, de casser les lignes adverses et d’apporter cette créativité qui fait souvent la différence dans les matchs fermés.
À cela s’ajoute une animation offensive encore trop prévisible, une efficacité perfectible devant le but et une difficulté récurrente à imposer un rythme élevé sur la durée. La transition entre le milieu et l’attaque manque de fluidité, tandis que certaines phases de possession stérile exposent l’équipe à des contres rapides, un point particulièrement sensible face à une formation camerounaise réputée pour sa puissance et sa verticalité.
Dans ce contexte, Walid Regragui devra trouver des ajustements tactiques pour compenser ces absences et ces limites, sous peine de voir les Lions de l’Atlas peiner à concrétiser leur ambition dans ce rendez-vous décisif.
Face à ces fragilités, le Maroc peut néanmoins compter sur des individualités capables de renverser le cours d’un match. Achraf Hakimi, véritable locomotive du flanc droit, demeure l’arme principale des Lions de l’Atlas grâce à sa vitesse, ses projections incessantes et son sens du timing dans les moments décisifs. Sur les côtés, Abde Ezzalzouli apporte percussion, créativité et imprévisibilité, autant d’atouts pour déstabiliser une défense compacte. Brahim Díaz, quant à lui, s’affirme comme le chef d’orchestre offensif : intelligence de jeu, qualité technique et efficacité devant le but font de lui l’homme des grands rendez-vous. En pointe, Ayoub El Kaabi incarne le réalisme et le sang-froid, toujours prompt à exploiter la moindre occasion dans la surface. C’est autour de ce quatuor que le Maroc devra bâtir son espoir de qualification et entretenir son ambition de sacre.
En face, le Cameroun avance avec l’ADN des grands rendez-vous : intensité, impact, gestion des temps faibles. L’historique ajoute une couche de tension : en phase finale de CAN, les Lions Indomptables restent réputés difficiles à manœuvrer face au Maroc, un détail que les supporters n’ont pas oublié.
Dans les tribunes, l’espoir est immense et la ferveur intacte. Les supporters marocains, venus en masse ou rivés à leurs écrans, savent que ce rendez-vous face au Cameroun ne sera ni simple ni indulgent. Mais ils croient en cette équipe, en son caractère et en sa capacité à se transcender lorsque l’enjeu devient majeur. Portés par un public acquis à leur cause, les Lions de l’Atlas devront puiser dans cette énergie collective pour dépasser leurs limites, rester unis dans les moments de doute et faire preuve de lucidité au moment décisif. Pour tout un peuple, ce match est bien plus qu’un quart de finale : c’est l’attente d’un signe fort, celui d’une équipe prête à assumer son statut et à poursuivre sa marche vers le titre.
Par Mounir Ghazali











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