À la faveur d’un geste qui pourrait marquer l’après-compétition d’une empreinte d’apaisement, le Sénégal s’active en coulisses pour obtenir la libération de ses ressortissants impliqués dans les incidents ayant émaillé la finale de la CAN disputée à Rabat. Dix-huit supporters des Lions de la Teranga, condamnés par la justice marocaine à des peines de trois mois à une année de prison ferme à la suite de débordements survenus à l’issue de la rencontre, pourraient prochainement bénéficier d’une issue plus clémente.
Selon des informations concordantes, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye s’apprête à engager une démarche officielle auprès du Roi Mohammed VI en vue de solliciter une mesure de grâce royale. Une initiative qui s’inscrit moins dans une logique de contestation judiciaire — les condamnés ayant choisi de renoncer à toute procédure d’appel afin d’éviter un allongement de leur détention — que dans une volonté politique assumée de désamorcer toute tension susceptible d’altérer la solidité des relations entre Rabat et Dakar.
En optant pour la voie diplomatique, les autorités sénégalaises entendent faire primer le respect des institutions marocaines tout en transformant un épisode malheureux en levier de consolidation des liens bilatéraux. La requête attendue auprès du Souverain marocain apparaît ainsi comme une tentative de clore ce chapitre sur une note de fraternité, fidèle à la tradition de coopération et d’entente qui caractérise depuis des décennies les rapports entre les deux pays.
Cette dynamique ne se limite d’ailleurs pas au registre strictement étatique. Sur le plan spirituel, l’intervention du dignitaire religieux Ahmet Khalifa Niass vient renforcer cet élan de conciliation. Dans une correspondance adressée au Commandeur des Croyants, il a tenu à rappeler la profondeur des attaches historiques et religieuses entre les peuples marocain et sénégalais, soulignant que « plus de la moitié des Sénégalais ont le cœur fassi ». Un appel à la clémence qu’il considère comme de nature à « panser bien des blessures » à présent que l’effervescence sportive a laissé place au temps du dialogue.
Si elle venait à se concrétiser, une telle mesure de pardon contribuerait à préserver l’axe Rabat-Dakar, régulièrement présenté comme l’un des piliers de la coopération sud-sud sur le continent africain.



Contactez Nous