Depuis le 1er avril 2025, les automobilistes marocains constatent une baisse de 16 centimes sur le litre de gasoil, affichée dans les stations-service. Si cette diminution semble, à première vue, être un geste en faveur des consommateurs, elle est qualifiée par de nombreux experts et acteurs du secteur de symbolique, voire trompeuse, compte tenu de la chute spectaculaire des prix du baril sur les marchés internationaux.
Après une première réduction de 12 centimes en mars, le litre de gasoil s’établit désormais autour de 11,15 dirhams, et l’essence reste stable à 13,15 dirhams. Pourtant, selon les anciens mécanismes de calcul en vigueur avant la libéralisation du secteur en 2015, les prix à la pompe devraient être bien inférieurs : environ 9,70 dirhams pour le gasoil et 11,10 dirhams pour l’essence. Ce décalage considérable alimente les critiques envers les distributeurs accusés de conserver des marges élevées au détriment du consommateur.
Un marché verrouillé
Pour El Houssine El Yamani, président du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine, le problème dépasse de simples ajustements tarifaires. Il dénonce un marché verrouillé, dominé par une minorité qui contrôle l’importation, le stockage et la distribution, créant ainsi une distorsion manifeste de la concurrence. Selon lui, le Maroc ne dispose pas d’un marché libre des hydrocarbures, mais plutôt d’un système captif où les grandes entreprises fixent leurs règles sans contre-pouvoir réel.
Appel à une réforme structurelle
Face à cette situation, les appels à une régulation des prix par l’État se multiplient. De nombreux observateurs réclament la relance urgente de la raffinerie nationale, à l’arrêt depuis 2015, et une révision de la fiscalité sur les carburants. Ces mesures permettraient, selon eux, de réduire durablement les prix à la pompe et de renforcer l’indépendance énergétique du pays.
Ainsi, malgré une baisse symbolique, les prix du carburant au Maroc restent injustifiablement élevés, et le débat sur une réforme en profondeur du secteur devient plus urgent que jamais.