La flambée persistante des prix des carburants continue de produire ses effets en cascade sur le quotidien des Marocains. Dernier épisode en date : la hausse contestée des tarifs du transport, notamment dans le secteur des taxis, qui alimente un vif mécontentement chez les usagers, déjà éprouvés par la cherté de la vie.
Dans plusieurs villes, des clients dénoncent une augmentation jugée excessive, en particulier pour les petits taxis, où le tarif de base est passé de 5 à 7 dirhams. Une hausse que beaucoup qualifient de « brutale », d’autant plus pénalisante pour les citoyens contraints d’utiliser ce moyen de transport à plusieurs reprises dans la journée. Pour nombre d’entre eux, une tarification intermédiaire autour de 6 dirhams aurait constitué un compromis plus équilibré entre les intérêts des chauffeurs et ceux des usagers.
Cette situation intervient dans un contexte déjà marqué par une inflation généralisée touchant produits alimentaires, services et dépenses courantes. Pour les ménages à revenus modestes, chaque dirham supplémentaire devient un poids difficile à absorber, renforçant le sentiment d’un déséquilibre croissant entre les charges quotidiennes et le pouvoir d’achat.
De leur côté, les professionnels du secteur justifient ces augmentations par la hausse continue des coûts d’exploitation. Carburant, entretien des véhicules, pièces de rechange, sans oublier les effets des embouteillages et des chantiers urbains, pèsent lourdement sur leur rentabilité. Beaucoup soulignent également que les aides publiques accordées au secteur bénéficient davantage aux détenteurs d’agréments qu’aux chauffeurs eux-mêmes.
Cette polémique intervient alors que le gouvernement vient d’annoncer un soutien exceptionnel destiné aux professionnels du transport, couvrant la période du 15 mars au 15 avril, avec plus de 87.000 demandes enregistrées. L’objectif affiché est clair : garantir la continuité du service sans répercuter la hausse des coûts sur les citoyens. Mais sur le terrain, la réalité semble différente, ce qui alimente les interrogations sur l’efficacité du dispositif.
Dans certaines régions, comme entre Ouarzazate et Marrakech, des hausses temporaires instaurées durant l’Aïd persistent malgré la fin de cette période exceptionnelle, accentuant le sentiment d’absence de régulation.
Face à ces dérives, de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer un encadrement strict des tarifs, un renforcement des contrôles et une réforme en profondeur du secteur, afin de rétablir un équilibre durable entre viabilité économique des professionnels et protection du pouvoir d’achat des citoyens.



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