La dernière session extraordinaire du Conseil de la ville de Rabat a mis en lumière un profond désaccord politique autour du projet de révision des taxes sur les terrains urbains non bâtis. Le débat, particulièrement tendu, a conduit le groupe socialiste à boycotter la séance, tandis que le groupe du PJD a choisi de siéger mais a voté contre le projet.
Au cœur de la polémique : la volonté de la majorité d’appliquer aux terrains non équipés les mêmes barèmes que dans les zones entièrement dotées d’infrastructures. Le groupe socialiste dénonce une « injustice fiscale flagrante », rappelant que de larges poches de la ville, ne disposent ni d’assainissement, ni de voirie, ni d’éclairage public, ni même parfois d’accès à l’eau potable. Il estime que ces terrains, souvent non intégrés aux documents d’urbanisme, ne peuvent être traités comme des espaces pleinement urbanisés, en contradiction avec l’esprit de la loi 47.06 telle que modifiée.
Les socialistes pointent également des « vices de procédure » : convocations tardives et inégales, documents incomplets, conditions de travail des commissions loin des standards de transparence.
Le groupe du PJD, de son côté, dit soutenir le principe d’une réforme fiscale au service de la commune, mais refuse sa mise en œuvre « dans le flou ». Il dénonce l’absence de note de présentation détaillée, de références au barème antérieur et un tarif laissé trop large (entre 15 et 30 DH/m²), ouvrant la voie, selon lui, à l’arbitraire administratif.
Au final, les deux formations, malgré leurs divergences idéologiques, convergent sur un point : la nécessité de revoir en profondeur le dispositif, de l’aligner strictement sur le droit et de lier toute taxe au niveau réel de services publics rendus sur le terrain.











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