La condamnation de 18 supporters sénégalais à Rabat, à la suite des violences ayant émaillé la finale de la CAN au stade Prince Moulay Abdellah en janvier, a ouvert un nouvel épisode entre Dakar et Rabat. Les peines prononcées vont de trois mois à un an de prison ferme.
Interpellé à Dakar, le Premier ministre Ousmane Sonko a dit suivre le dossier « de près » et assuré que des instructions ont été données au ministre sénégalais de la Justice pour accompagner les ressortissants concernés. Tout en appelant au calme, il a exprimé sa « déception » après le verdict, en rappelant que le Sénégal ne peut « forcer » le Maroc à libérer des détenus condamnés par sa justice.
Pour sortir de l’impasse, deux pistes sont avancées : une demande de grâce royale, ou le transfèrement des condamnés vers le Sénégal via la coopération judiciaire. Sonko n’exclut pas l’appel, mais souhaite d’abord vérifier que la procédure respecte les garanties d’un procès équitable et que le recours est pertinent.
Les condamnations concernent des faits qualifiés de « hooliganisme » : violences contre les forces publiques, dégradations d’équipements sportifs, intrusion sur la pelouse et jets de projectiles. Dans l’opinion sénégalaise, l’émotion est vive, mais les autorités insistent sur la voie diplomatique plutôt que la surenchère inutile.
Selon plusieurs sources, Dakar pourrait aussi formaliser une requête au Roi Mohammed VI afin d’obtenir une issue rapide. À Rabat, l’affaire se traite avec prudence, sur fond de volonté affichée de préserver une relation stratégique. Reste à savoir quelle option l’emportera, et si la séquence judiciaire cédera vite la place à un apaisement durable.










Contactez Nous