Il y a les candidats discrets, non encore déclarés aux prochaines élections législatives du mois de septembre, puis, plus tard, aux communales de 2027, et il y a les grosses pointures déjà connues, régnant sur leurs fiefs que les partis s’arrachent volontiers.
Le premier à avoir frappé fort pour donner l’exemple, semble-t-il, est le PPS dirigé par Nabil Benabdellah, qui a accueilli dans ses rangs, très chaleureusement, deux ténors dans leurs circonscriptions respectives, à savoir Boudraa dans le Rif et Khayrate dans la Chaouia. Plusieurs fois élus et anciens dirigeants respectivement du PAM et de l’USFP, les deux transfuges ont créé un électrochoc chez les autres formations du paysage politique marocain, les poussant à s’engager aussitôt dans une course effrénée aux candidats à forte valeur ajoutée, susceptibles de remporter haut la main des circonscriptions non couvertes par des personnalités locales bien en vue, à condition de pouvoir rendre une copie propre.
Car il est généralement admis cette année que ces élections seront les plus transparentes et les plus inattaquables jamais organisées, avec un durcissement des peines et le recours, par le ministère de l’Intérieur, à des moyens exceptionnels et sophistiqués pour le marquage de personnes soupçonnées d’utiliser de l’argent sale pour l’achat de voix. Appelés à participer à cette lutte, les partis, qui seront tenus pour responsables à parts égales en cas de fraude de leur candidat, prennent toutes leurs précautions pour choisir des représentants blancs comme neige et irréprochables.
Cette condition pourrait libérer plusieurs circonscriptions de candidats malhonnêtes, ouvrant ainsi la voie à des empoignades passionnantes dans des fiefs autrefois inatteignables. À six mois des élections, le climat électoral s’est subitement réchauffé cet hiver, laissant dans son sillage de futurs imprévus de taille et des paris risqués.
Par Jalil Nouri



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