À Rabat, elles auront coûté 20 millions de dirhams pour 11 unités monobloc et automatiques, accessibles aux personnes à mobilité réduite. Gratuites dans un premier temps à l’occasion de l’organisation de la CAN 2025, la question demeure toutefois posée quant à leur gestion et à leur accès une fois la compétition achevée.
Certaines ont déjà été vandalisées et endommagées à Casablanca, où leur nombre est nettement plus important, évalué à plusieurs centaines. Ces installations nécessitent un entretien régulier, l’installation de caméras de sécurité respectant l’intimité des usagers, mais là encore se pose la question de leur pérennité à moyen et long termes.
Cet investissement, devenu indispensable pour l’usage quotidien des citoyens mais aussi pour les 20 millions de visiteurs recensés selon les derniers chiffres, s’impose désormais comme une nécessité primordiale pour des villes qualifiées d’« intelligentes » (smart cities). Or, ces mêmes villes avaient progressivement perdu leurs toilettes publiques, comme par le passé, en raison du manque de civisme. La situation rappelle certains stades, à l’image du stade Mohammed V de Casablanca, où des murs ont récemment été dégradés et des robinets arrachés, des actes qui pourraient, en cas de récidive, conduire à la fermeture de ces installations.
La question de la viabilité et du maintien de ces infrastructures, bien que la loi réprime sévèrement la vandalisation et la destruction des biens publics, sera-t-elle définitivement tranchée par les conseils communaux une fois la compétition africaine terminée ?
Une autre interrogation demeure : les municipalités pourront-elles dégager les investissements nécessaires pour doter l’ensemble des quartiers d’au moins une installation, et ne pas les réserver uniquement aux zones dites privilégiées, comme cela a déjà été observé pour le mobilier urbain dans plus d’une ville ?
Par Salma Semmar



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