La Birmanie vient de connaître l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire récente. Un puissant séisme de magnitude 7,7 a frappé le nord-ouest de la ville de Sagaing, au centre du pays, vendredi dernier. Quelques minutes plus tard, une réplique de magnitude 6,4 a secoué la même région, amplifiant les dégâts déjà considérables.
Le bilan humain s’avère particulièrement lourd avec plus de 1000 personnes qui ont perdu la vie et 2376 blessés, principalement à Mandalay, deuxième ville du pays et la plus touchée par cette catastrophe. Les secours travaillent sans relâche pour retrouver d’éventuels survivants sous les décombres des nombreux bâtiments effondrés.
Un pays déjà fragilisé face à une catastrophe majeure
Ce séisme survient dans un contexte particulièrement difficile pour la Birmanie, pays déchiré par une guerre civile depuis le coup d’État militaire de février 2021. Les infrastructures, notamment sanitaires, étaient déjà fortement dégradées avant cette catastrophe naturelle d’une ampleur inédite.
Selon les géologues américains, la Birmanie n’avait pas connu un tremblement de terre de cette importance depuis plusieurs décennies. Les secousses ont été si puissantes qu’elles ont provoqué la panique jusqu’à Bangkok, en Thaïlande, située à environ 1000 kilomètres de l’épicentre.
À Mandalay, les correspondants de l’AFP ont rapporté l’effondrement d’un temple vieux de plusieurs siècles. Un soldat posté à un point de contrôle à proximité a témoigné : « Cela a commencé par des vibrations, puis la situation est devenue dangereuse. Le temple s’est effondré. Un moine est décédé et plusieurs personnes ont été blessées. Nous avons sorti certaines d’entre elles des décombres pour les transporter à l’hôpital. »
Un appel rare à l’aide internationale
Face à l’ampleur de la catastrophe, le chef de la junte militaire, Min Aung Hlaing, a lancé un appel rare à l’aide internationale, invitant « tout pays et toute organisation » à apporter leur soutien. Cette démarche tranche avec les habitudes de la junte militaire, généralement réticente à solliciter une assistance étrangère lors de catastrophes naturelles.
Les autorités ont déclaré l’état d’urgence dans les six régions les plus touchées. À Naypyidaw, la capitale, des centaines de blessés recevaient des soins à l’extérieur de l’hôpital principal en raison des dommages subis par le bâtiment.
La communauté internationale a rapidement réagi. L’Inde a envoyé un avion chargé de produits d’hygiène, de couvertures et de nourriture. La Chine a annoncé l’envoi d’une équipe de 82 secouristes. La France, l’Union européenne et l’Indonésie ont proposé leur aide, tandis que l’Organisation mondiale de la santé a activé son système de gestion des urgences.
Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis « aideraient » la Birmanie, qualifiant la situation de « terrible ». Le Premier ministre japonais Shigero Ishiba a présenté ses condoléances à la Birmanie et à la Thaïlande, tandis que le président chinois Xi Jinping a exprimé sa « profonde tristesse » dans un message adressé au chef de la junte militaire.
Une crise humanitaire aggravée
Les organisations humanitaires alertent sur l’incapacité de la Birmanie à faire face à une catastrophe de cette ampleur. Le conflit interne a déjà provoqué le déplacement d’environ 3,5 millions de personnes selon les Nations Unies, qui avaient prévenu fin janvier que 15 millions de Birmans risquaient de souffrir de la faim d’ici 2025.
L’accès limité à certaines zones, les infrastructures endommagées et les communications perturbées compliquent considérablement les opérations de secours. L’évaluation précise de l’étendue des dégâts reste difficile, notamment en raison des coupures de télécommunications.
La Thaïlande également touchée
De l’autre côté de la frontière, en Thaïlande, les secours ont travaillé toute la nuit pour retrouver des survivants sous les décombres d’un immeuble de 30 étages en construction à Bangkok qui s’est effondré en quelques secondes lors des secousses.
Selon le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, environ dix personnes ont perdu la vie dans la capitale thaïlandaise, principalement sur ce chantier. « Nous faisons tout notre possible avec les ressources dont nous disposons car chaque vie compte », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une visite sur le site de l’immeuble effondré.
Des drones équipés de technologies d’imagerie thermique ont été utilisés pour détecter des signes de vie parmi les décombres, où les autorités pensent avoir repéré au moins 15 personnes encore en vie.
Le gouvernement de Bangkok a ordonné le déploiement de plus d’une centaine d’experts pour vérifier la sécurité des bâtiments après avoir reçu plus de 2000 signalements de dommages. Plus de 400 personnes ont passé la nuit de vendredi à samedi dans des parcs publics, leurs habitations n’étant pas assez sûres pour y retourner.