Après la sortie de protestation devant les écoles relevant de la mission française, en réaction à l’augmentation répétée et injustifiée des frais de scolarité, en plus d’autres dépenses, l’ambassadeur de France au Maroc a pris la parole au cours d’une interview, dans une tentative d’apaisement plus « pédagogico-diplomatique » que proportionnelle au niveau des attentes des parents et à la crainte de voir l’avenir de leurs enfants menacé.
Menacé, car les ordres et les mesures venus de Paris ne laissent aucune place à la compréhension du désarroi des familles et n’apportent aucune visibilité sur ce dossier qui, il faut le reconnaître, échappe totalement à la marge de manœuvre de Monsieur l’ambassadeur Le Courrier.
Son intervention dans la presse s’est donc limitée à les rassurer sur le fait que le gouvernement de son pays ne les abandonnera pas : une réponse peu convaincante et de circonstance.
Tentant d’expliquer, dans une situation de crise s’aggravant année après année, la philosophie et l’essence d’une réforme du système actuel de gestion directe des écoles (EGD) relevant de l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, forte de ses 45 000 élèves inscrits, le diplomate est resté très loin de l’angoisse et des craintes de parents désorientés appelant à des solutions urgentes et intelligentes, et non à des propos lénifiants d’un discours lisse et froid, dénué de toute émotion naturelle.
Devant la pression vécue à l’annonce de nouvelles augmentations venant plomber des budgets de ménages déjà bien malmenés, l’ambassadeur de France a donné l’impression de ne pas mesurer toute l’ampleur de ce désarroi, lorsqu’il faut assumer les dépenses exponentielles de plusieurs enfants scolarisés pour chaque famille dans ces établissements que la plupart quitteraient volontiers si une alternative réaliste existait. Car, en plus de ces frais affolant tous les esprits et toutes les bourses, sauf quelques exceptions, cette situation est d’autant plus inextricable que l’interlocuteur décisionnaire se trouve à des milliers de kilomètres du Royaume.
Faudra-t-il que les parents en colère et en détresse aillent jusqu’à Paris pour manifester devant l’Assemblée nationale et le Quai d’Orsay afin d’être entendus ?
Si tel est le cas, le seul choix est de s’y préparer pour que cesse l’indifférence.
Par Jalil Nouri


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