Deux morts et plusieurs blessés graves sont encore à déplorer dans l’effondrement survenu au quartier Akkari, à Rabat, un drame qui continue de poser, avec acuité, la question des immeubles menaçant ruine dans les villes marocaines.
Cet effondrement s’ajoute à une longue série d’incidents similaires recensés ces derniers jours à Casablanca, Fès et Marrakech, où le pire a été évité de justesse dans un immeuble encore en construction. Cette liste macabre s’allonge depuis des années, sans qu’aucune solution durable ne se profile à court terme.
Ce phénomène n’a pas encore été appréhendé dans toute son ampleur, en dehors des interventions d’urgence et des opérations ponctuelles de relogement des habitants de logements insalubres dans les quartiers populaires.
Si de nombreux habitants refusent de quitter des bâtiments menaçant ruine malgré les injonctions expresses des autorités, ce n’est pas par défi, mais bien par manque de moyens financiers pour accéder à un relogement digne, proche de leur lieu de travail et de leur cadre de vie habituel.
Dès lors, pourquoi persister dans une logique d’épreuve de force et de démolitions à grande échelle pour laisser place à des projets dits prestigieux, comme à Casablanca, sans réelle prise en compte des doléances d’habitants désespérés, en pleine année scolaire, sans accompagnement social ou moral, hormis un dédommagement limité couvrant à peine quelques mois de loyer ? Libre à eux ensuite de se débrouiller pour se loger ailleurs, souvent loin du centre-ville où ils sont nés, ont leurs repères et leurs habitudes, dans des logements exigus et indignes.
Pourquoi, enfin, l’État ne met-il pas en œuvre une véritable politique sociale du logement en réquisitionnant une partie des près de deux millions d’habitations vides dans la métropole casablancaise, pour les gérer via sa société Dyar Al Madina et proposer des loyers réellement abordables aux ménages les plus vulnérables ?
Par Jalil Nouri











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