Alors que plusieurs régions du Royaume ont récemment été touchées par des épisodes d’inondations d’une intensité inhabituelle, la gestion des ressources hydriques au Maroc entre dans une nouvelle ère, marquée par l’impératif d’adaptation aux dérèglements climatiques. Longtemps centrée sur la mobilisation de l’eau face aux périodes de sécheresse, la politique hydraulique nationale doit désormais intégrer une autre réalité : celle d’événements météorologiques extrêmes, soudains et parfois destructeurs.
Dans ce contexte, un dispositif intégré de veille et d’anticipation a été activé afin de suivre l’évolution de la situation hydrologique à l’échelle nationale. La surveillance continue des barrages, retenues et ouvrages de régulation, appuyée par des modélisations hydrologiques et des prévisions météorologiques actualisées, a permis d’anticiper les crues, d’identifier les zones à risque et d’adapter en temps réel la gestion des débits. Cette approche préventive a contribué à limiter l’impact des précipitations exceptionnelles sur les populations et les infrastructures, aucun dégât majeur n’ayant été relevé à ce stade au niveau des installations hydrauliques.
Les données issues de la Direction Générale de la Météorologie, croisées avec celles du réseau national de mesure hydrologique piloté par les Agences de Bassins Hydrauliques, ont constitué le socle technique de cette réponse opérationnelle. Elles ont permis d’estimer les volumes de ruissellement, d’anticiper les apports en amont des barrages et d’activer les mécanismes de vigilance en coordination avec les autorités territoriales et les services de la Protection civile.
Ces événements viennent toutefois rappeler la nécessité de renforcer les systèmes d’alerte précoce et de moderniser les outils de prévision. L’intensification des phénomènes climatiques impose en effet une adaptation continue des infrastructures et des stratégies d’aménagement du territoire, notamment face à l’urbanisation croissante de zones historiquement exposées aux crues.
Au-delà de la rareté de la ressource, la gestion de l’eau doit désormais intégrer pleinement la prévention des risques liés aux inondations et aux excès hydriques, dans une logique de résilience durable. Entre autoroutes de l’eau, dessalement et préservation des zones naturelles d’expansion des crues, le Maroc s’oriente ainsi vers une approche globale de sécurité hydrique, conciliant protection des populations et valorisation raisonnée des épisodes pluvieux.










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