L’enquête nationale sur la famille menée par le Haut-Commissariat au Plan en 2025 n’a pas seulement relancé le débat public. Elle a surtout mis à nu une réalité que beaucoup préféraient contourner : la famille marocaine, longtemps présentée comme un pilier solide et immuable, traverse une mutation profonde sous l’effet cumulé des difficultés économiques, des changements culturels et du vieillissement de la population.
Depuis 1995, aucun travail d’une telle ampleur n’avait été consacré à cette question centrale. Trente ans plus tard, le constat est lourd de sens. Le recul du mariage, d’abord, ne saurait être réduit à une simple évolution statistique. Il traduit l’essoufflement d’un modèle. Quand se marier devient un parcours semé d’obstacles, entre chômage, vie chère, crise du logement et peur du lendemain, fonder une famille cesse d’apparaître comme une évidence.
Mais au-delà du recul du mariage, c’est le fonctionnement même de la famille qui change. L’autorité traditionnelle, autrefois structurante, s’effrite. Les rôles se redéfinissent, l’autonomie des femmes progresse, les jeunes s’émancipent davantage des cadres classiques, tandis que l’influence du monde extérieur pèse de plus en plus lourd sur les équilibres domestiques. Ce n’est donc pas seulement la taille ou la forme de la famille qui évolue, c’est son centre de gravité lui-même.
Autre basculement majeur : une partie de la jeunesse ne cherche plus seulement à retarder le mariage, elle remet en question l’idée même de reproduire le modèle familial de ses parents. Ce glissement est capital. Il ne s’agit plus uniquement d’un frein économique, mais d’un changement de mentalité profond, silencieux, et sans doute durable.
Et pourtant, contrairement à un discours trop facile, la technologie n’a pas détruit les liens familiaux. L’enquête du HCP montre au contraire que les écrans n’ont pas suffi à briser les attaches. La fracture est ailleurs : elle est sociale, économique, culturelle. Ce n’est pas le téléphone qui use la famille marocaine, c’est le poids d’un quotidien de plus en plus dur à porter.
Cette enquête ne raconte donc pas seulement l’évolution d’une institution. Elle révèle une société qui change plus vite que ses discours, et une famille qui tient encore, mais sous tension.
Par Salma Semmar












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Le vrai obstacle au mariage et qui entraîne souvent au divorce et à la destruction de la famille marocaine est bien l’éducation familiale: un homme de plus en plus irresponsable, une épouse submergée par les difficultés de vie au quotidien, incapable de consacrer du temps pour ses enfants et finalement des enfants livrés à eux-mêmes perdus dans ce monde de plus en plus pervers. Comment un tel enfant serait-il capable de fonder une famille saine et forte.
L’éducation et l’enseignement d’aujourd’hui ne ressemblent plus à la culture marocaine (valeurs, traditions, religions..), les enfants de nos jours ne sont ni marocains ni français, ni anglais, ni espagnols… ils sont des pauvres hybrides sans références et repères…