Dénouement miraculeux de la crise opposant les avocats au ministre de la Justice, après l’annonce inattendue de la fin de la grève et le retour aux tribunaux lundi prochain.
Cette annonce fait suite à une réunion du président de leur association avec le chef du gouvernement, à sa demande, au cours de laquelle toutes les revendications ont été mises sur la table et toutes les conditions de la fin de la paralysie des tribunaux listées.
Mais pour l’instant, les robes noires devront se contenter de la promesse d’Akhanouch de retirer provisoirement le texte de loi controversé, déposé par le ministre Ouahbi, du circuit législatif, le temps d’attendre les résultats des travaux d’une commission mixte présidée par ce dernier en personne afin de plancher, dans une démarche participative et consensuelle, sur un réexamen du texte et un éventuel « nettoyage » des parties controversées pour trouver un accord définitif. Mais il faut bien croire que, malgré la bonne volonté d’un chef de gouvernement conscient que la paralysie des tribunaux devenait intolérable, il lui sera difficile de désavouer le ministre concerné, surtout qu’il ne fait pas partie de sa formation politique.
Le président de l’Association nationale des avocats s’est pourtant dit, lui, confiant que les solutions de déblocage font partie du domaine du possible, en remerciant au passage le chef de l’Exécutif pour son écoute, sa large disponibilité et son engagement en faveur d’une issue à cette crise qui aurait pu s’éterniser et conduire au pire.
Comme souvent dans de tels cas et à l’approche d’élections, il n’est pas rare de voir des projets de réforme importants, ne faisant pas l’unanimité, être gelés et laissés en héritage au gouvernement suivant, pour lui confier le bébé avec l’eau du bain. Mais il n’est pas acquis que le ministre Ouahbi, un dur à cuire, accepte d’avaler cette pilule.
Par Jalil Nouri



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