De mémoire de supporter marocain, jamais à Casablanca ni dans le reste du pays les prix des billets au marché noir n’avaient explosé de la sorte pour un match de football. Le record absolu a été atteint avec pas moins de 6.000 dirhams le billet d’entrée en tribune pour la demi-finale d’hier soir entre le Nigeria et le Maroc, et jusqu’à 30.000 dirhams pour une loge de la catégorie « Sky Box ». La revente au marché noir de billets pour ce dernier privilège constitue, à elle seule, un phénomène inédit qui mérite réflexion et appelle des solutions urgentes, d’autant plus qu’elle s’est accompagnée d’arnaques et de trafics, malgré la vigilance des services de police.
Jamais le prix d’un billet d’entrée dans un stade n’aura atteint un tel sommet. De quoi s’interroger sur ce qu’il en sera lors de la Coupe du monde 2030 si ce fléau n’est pas combattu avec toute la célérité et la sévérité qui s’imposent. Ces pratiques portent, à chaque fois, atteinte à l’image d’organisation des grands événements sportifs ou culturels, nuisent à l’activité elle-même et causent un préjudice certain aux recettes de l’État.
Certes, des arrestations d’individus connus pour cette activité illégale ont eu lieu en marge de cette Coupe d’Afrique des Nations 2025. Mais il apparaît clairement que, cette fois-ci, au vu de l’ampleur de la manifestation et de son exposition internationale, des acteurs établis à l’étranger se sont engouffrés dans certaines failles pour faire exploser le marché noir de manière aussi spectaculaire que dangereuse pour la crédibilité du pays.
Une enquête de grande ampleur devient dès lors indispensable afin d’identifier ces failles à différents niveaux, de remonter les filières du trafic et d’envisager une lutte appropriée pour éviter la répétition de ce phénomène lors des prochains événements internationaux programmés dans les années à venir, d’autant plus que la FIFA en sera coorganisatrice et peu encline à tolérer de telles dérives.
Au regard de l’ambition affichée du Maroc de devenir un hub de l’événementiel sportif, il est impératif de s’attaquer au mal à la racine, avec détermination, et surtout de le faire savoir clairement.
Par Jalil Nouri



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