Sur de nombreux marchés marocains, les prix des fruits et légumes continuent d’alimenter la grogne des consommateurs. Alors que les producteurs assurent céder leurs récoltes à des tarifs relativement raisonnables à la ferme ou dans les marchés de gros, les prix flambent dès que les produits atteignent les étals de détail. Dans cette chaîne, les intermédiaires sont de plus en plus pointés du doigt.
Pour de nombreux professionnels du secteur agricole, la multiplication des intervenants entre le fellah et le consommateur final constitue l’une des principales causes de cette hausse. À chaque étape du circuit de distribution, une nouvelle marge s’ajoute, gonflant progressivement la facture payée par le citoyen. Le manque de contrôle rigoureux dans certains marchés de gros favoriserait, selon plusieurs observateurs, des pratiques spéculatives qui accentuent encore davantage cette inflation.
Dans ce système, le producteur apparaît souvent comme le maillon le plus fragile. Faute de moyens de stockage, de transport ou d’accès direct aux grands centres de consommation, il se voit contraint de vendre à bas prix. À l’inverse, certains intermédiaires tirent profit de leur emprise sur les circuits commerciaux et réalisent des bénéfices conséquents sur le simple écart entre prix d’achat et prix de revente.
De plus en plus de voix appellent ainsi à une réforme profonde des marchés de gros, encore marqués par des méthodes jugées dépassées et peu transparentes. Beaucoup plaident aussi pour des circuits alternatifs, à travers la vente directe, les coopératives ou les partenariats entre agriculteurs et commerçants. Pour les consommateurs, une chose est claire : sans lutte sérieuse contre la spéculation et les rentes, les fruits et légumes continueront de peser lourdement sur le budget des ménages.



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