Aussitôt éclatée, l’affaire du blanchiment d’argent du chanteur Gims, sa garde à vue en France sur fond de lourdes accusations d’avoir participé, avec des barons de la drogue recherchés, à un vaste et puissant réseau criminel, a fait l’effet, par ricochet, d’une douche glacée. L’homme vit depuis des années à Marrakech, qui n’avait pas besoin d’une telle mauvaise publicité, d’autant plus qu’une sulfureuse réputation, injustement, d’être un repaire de tels visiteurs fichés par Interpol et recherchés pour le narcotrafic, ainsi que l’argent sale investi dans des projets hôteliers et immobiliers.
Le Maroc, qui se voit ainsi mal récompensé, avait tout donné à l’artiste Gims : l’hospitalité, les facilités administratives et tout le soutien pour son méga investissement dans la ville d’un immense projet immobilier de 800 villas de luxe disséminées autour d’un lagon, pour lequel il a reçu l’aide d’une ville sous le choc. Traumatisées, ses connaissances locales ne reviennent pas d’une telle déception et parlent de trahison.
Confortablement dans sa résidence avec piscine, après avoir occupé un très beau riad acheté rubis sur l’ongle en puisant dans ses différents comptes bien alimentés, le chanteur congolais, auquel la France a refusé la nationalité, dirigeait ses affaires depuis Marrakech dans une discrétion absolue dont on n’ignore plus l’origine à présent, à la déception de tous ceux qui voyaient en lui un ambassadeur du Maroc.
Arrêté à l’aéroport de Roissy il y a 48 heures, il se trouve en garde à vue, mais son réseau a été reconstitué avec précision, en contenant des noms de complices dangereux faisant l’objet de mandats de recherche pour des crimes impunis.
Par Jalil Nouri



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