Bien remontés contre une future loi qui ouvrirait les pharmacies aux investisseurs privés et bouleverserait tout l’écosystème de la profession, les pharmaciens se mobilisent aujourd’hui à Rabat lors d’un rassemblement bruyant devant le Conseil de la concurrence.
C’est cette institution, et non une autre partie, qui avait jeté un pavé dans la mare en émettant un avis favorable à une telle évolution, devenue depuis un véritable cauchemar pour les officines. La crainte est grande de voir des fonds privés s’immiscer dans leurs circuits, traditionnellement entre les mains de pharmaciens diplômés, garants de l’éthique et de la qualité du service, et non d’investisseurs étrangers au métier qui viendraient y imposer leur logique.
La loi de l’argent risquerait ainsi de primer sur celle de la médecine et de la pharmacie, au détriment de la science et de la relation humaine avec les patients, deux dimensions difficilement compatibles avec une logique purement commerciale. Cette mobilisation, bien organisée et largement relayée, n’a toutefois pas pour objectif d’abroger un projet de loi encore inexistant, puisqu’il ne s’agit pour l’heure que d’une idée évoquée par certains acteurs désireux d’investir ce secteur pour en tirer profit.
Les pharmaciens se retrouvent donc face à un double défi : contenir cette perspective à la source et empêcher qu’elle ne se transforme en projet législatif. Ils comptent pour cela s’appuyer sur les partis politiques afin de bloquer toute tentative en ce sens aux portes du Parlement. Une vaste opération de lobbying est d’ores et déjà engagée pour que cette ouverture du capital des pharmacies reste une simple alerte sans lendemain, évitant ainsi à la profession un profond bouleversement.
Par Jalil Nouri










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