Les universités marocaines entrent à nouveau dans un long tunnel de troubles et d’agitations, face à une mobilisation grandissante contre la réforme qui pèse sur le secteur de l’enseignement supérieur.
Deux journées successives d’arrêt de travail ont été largement suivies mardi et mercredi, au moment où se prépare une longue série de grèves à répétition, programmées à intervalles réguliers. Selon les syndicats des enseignants, en première ligne dans ce mouvement de contestation, le programme de mobilisation devrait être maintenu et respecté, quitte à aller jusqu’au boycott des examens de fin d’année.
Jusqu’à présent, aucun dialogue n’a pu s’engager avec le ministre de l’Enseignement supérieur et initiateur de cette réforme, Abdelatif Midaoui. Les syndicats grévistes ne semblent d’ailleurs guère s’attendre à une ouverture rapide de discussions, pas plus qu’à une médiation du chef du gouvernement, comme celle menée récemment avec d’autres syndicats. Certains espèrent néanmoins qu’une telle intervention puisse permettre de sortir de l’impasse.
Ces mouvements sociaux commencent à se multiplier ces dernières semaines et pourraient conduire à des complications sérieuses au niveau de la paix sociale, surtout dans un contexte international déjà tendu, marqué par les conflits au Proche et au Moyen-Orient.
Pour expliquer leur rejet de la réforme, les syndicats résument leur position en une phrase : il s’agirait de la fin de l’Université marocaine telle qu’on la connaît aujourd’hui. Selon eux, la réforme conduirait à une sous-estimation du rôle des enseignants et à une dégradation de la qualité de l’enseignement, ce qui risquerait de plonger l’enseignement supérieur dans une profonde crise identitaire et existentielle.
Il y a bien longtemps que l’Université marocaine n’a pas été confrontée à un tel climat de doute et de tension. L’atmosphère est aujourd’hui particulièrement conflictuelle, les nerfs étant à fleur de peau de chaque côté. Dans un contexte pré-électoral, une telle crispation est loin d’annoncer des lendemains sereins.
Par Jalil Nouri










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