Le message a été lâché en un mot, comme une provocation : « SOON » (“bientôt”). Samedi, Katie Miller — épouse de Stephen Miller, directeur de cabinet adjoint à la Maison-Blanche — a publié sur X une image du Groenland teintée aux couleurs du drapeau américain. Une publication sans valeur officielle, mais suffisamment symbolique pour raviver, en quelques heures, une vieille crispation diplomatique entre Washington et Copenhague.
La réaction danoise n’a pas tardé. Dimanche, l’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen, a répondu publiquement en rappelant que les deux pays sont des alliés proches… mais qu’une ligne rouge ne se discute pas : le “respect total de l’intégrité territoriale” du Royaume du Danemark, Groenland compris.
Cette séquence s’inscrit dans un contexte déjà électrique. Fin décembre, Donald Trump a relancé le dossier groenlandais en nommant un “envoyé spécial” pour ce vaste territoire autonome sous souveraineté danoise : le gouverneur de Louisiane Jeff Landry. Une décision interprétée à Copenhague comme une manière de remettre sur la table, par petites touches, l’idée d’un Groenland “américain”, que le Danemark et les autorités groenlandaises rejettent fermement.
Le timing, enfin, a jeté de l’huile sur le feu : la publication de Katie Miller intervient le même week-end qu’une opération américaine spectaculaire au Venezuela, dont l’onde de choc nourrit — chez certains observateurs — la crainte d’une diplomatie de puissance davantage décomplexée, en quête de ressources et de positions stratégiques.
À ce stade, il ne s’agit pas d’une annonce d’État. Mais l’épisode confirme une chose : le Groenland, carrefour arctique et territoire à forte valeur stratégique, reste un sujet hautement inflammable… et Copenhague veut le faire savoir, sans ambiguïté.



Contactez Nous