La question de savoir si le Maroc procédera au rapatriement de ses ressortissants vivant dans les pays arabes du Golfe ou s’y trouvant en tant que touristes se pose aujourd’hui avec acuité.
Alors que certains pays occidentaux, à l’image de la France et des États-Unis, ont déjà entamé des opérations d’évacuation en raison de l’embrasement de la région, la diplomatie marocaine n’a, pour l’heure, donné aucun signal laissant présager une initiative similaire à court terme.
Plusieurs facteurs expliquent cette prudence. D’abord, l’effectif très élevé de la communauté marocaine dans ces pays. Une évacuation de grande ampleur exigerait une logistique considérable que le Royaume aurait du mal à mobiliser rapidement pour rapatrier des centaines de milliers de personnes. À cela s’ajoute la fermeture de plusieurs frontières et la forte probabilité qu’elles le demeurent pendant des semaines, voire des mois.
Par ailleurs, l’aviation marocaine, qu’elle soit militaire ou commerciale, ne serait pas en mesure d’opérer librement dans des espaces aériens devenus extrêmement sensibles, au risque d’être exposée à des incidents ou à des attaques. Dans ces conditions, une opération d’évacuation massive apparaît, à ce stade, difficilement envisageable. D’autant que, selon les projections les plus prudentes, la situation sécuritaire pourrait encore se dégrader.
Jusqu’à présent, le ministère des Affaires étrangères s’est employé à rassurer les Marocains résidant ou en transit dans la région, en mettant en place des cellules de veille et d’assistance au sein de ses représentations diplomatiques et consulaires. Il leur est recommandé de suivre les consignes diffusées via les canaux officiels, sans qu’une perspective d’évacuation ne soit explicitement annoncée, ce qui contribue à alimenter l’inquiétude.
Face à cette incertitude, certains ressortissants ont choisi de prendre les devants, parcourant des milliers de kilomètres par la route pour rejoindre les frontières de pays encore accessibles, comme la Turquie. Mais pour les autres, la question demeure entière : quelle issue leur sera réservée si la crise venait à s’intensifier ?
Par Jalil Nouri










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