Ce soir, à Riyad, Yassine Bounou a ajouté une ligne symbolique à un palmarès déjà lourd : le gardien marocain a été élu “Sportif/Footballeur préféré” en Arabie saoudite lors des Joy Awards, devançant Salem Al-Dawsari, Nawaf Alaqidi et Saleh (Salah) Abualshamat.
L’information aurait pu n’être qu’un trophée de plus dans une cérémonie glamour. Mais le timing lui donne une autre dimension : Bounou est en pleine CAN au Maroc, au cœur d’une campagne où le détail fait la différence… et où le dernier rempart est souvent le premier héros. Car si les Lions de l’Atlas ont gagné le droit de rêver, c’est aussi parce que leur numéro 1 a pris l’habitude de transformer la pression en certitude.
Il y a quelques jours, en demi-finale, le Maroc a écarté le Nigeria aux tirs au but après un match fermé, et c’est Bounou qui a fait basculer la nuit : arrêts décisifs, sang-froid, autorité… et ce sentiment, dans les tribunes, que le destin avait choisi son gardien.
Voilà donc le paradoxe délicieux : pendant que le Royaume retient son souffle avant la finale de demain, dimanche, face au Sénégal, l’Arabie saoudite, elle, consacre déjà l’un de ses visages les plus marquants. Un gardien qui ne “joue” pas seulement : il rassure, il commande, il influence. Et quand un stade entier sent que son dernier rempart est intouchable, tout un collectif avance d’un pas.
Bounou n’a pas simplement remporté un vote populaire. Il a reçu, en pleine tempête sportive, un signal clair : la grandeur se reconnaît partout — surtout quand elle s’exprime dans le silence d’un arrêt.
Par Abdelrhni Bensaid


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