En pleine crise avec les avocats, face auxquels il demeure inflexible, le ministre de tutelle, Abdellatif Ouahbi, refuse de revenir sur le contenu de sa réforme de la profession d’avocat. Un texte qui mobilise actuellement l’ensemble des praticiens, avec pour objectif ultime de parvenir à une paralysie générale des tribunaux à travers le pays afin de pousser l’exécutif à intervenir.
Cette crise est d’une gravité particulière. Entamée mardi dernier, elle semble appelée à durer, tout laissant présager un pourrissement de la situation en l’absence de toute solution à l’horizon. Aucune réunion n’est prévue avec le ministre de la Justice, Ouahbi, qui s’y refuse catégoriquement, et ce pour des raisons assumées.
Aucun arbitrage n’est non plus à attendre de la part du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, qui préfère détourner le regard. Le ministre concerné n’étant pas issu de sa formation politique, il ne semble ni disposé à imposer des concessions, ni enclin à retirer un projet de loi déjà déposé au Parlement.
Le blocage et la paralysie apparaissent ainsi inévitables, au détriment direct des justiciables. Les bureaux des palais de justice resteront fermés et, en cas de poursuite — très probable — du mouvement, cette crise pourrait devenir la plus grave traversée par le ministre depuis son arrivée à la tête de ce département en ébullition.
Les avocats, menés par leurs barreaux, campent eux aussi sur leur position. Ils exigent le retrait pur et simple du texte de loi ainsi qu’une réunion avec leurs représentants. Une perspective que le ministre rejette, refusant de s’asseoir à toute table de négociation, qu’il a toujours jugée inacceptable. À ses yeux, un ministre est là pour produire des lois et engager des réformes, non pour les négocier.
Les signes ne trompent pas quant à la personnalité du ministre et aux développements à venir, sur fond préoccupant de dialogue de sourds. En attendant, c’est le citoyen qui sera le premier à payer le prix de cette mésentente persistante, née d’une vision opposée de l’exercice et des conditions de travail de la profession d’avocat.
Par Jalil Nouri











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