Symbole de la présence de sa communauté dans la capitale économique, le Marché des Sénégalais, qui leur est quasi exclusivement réservé, est menacé par une destruction annoncée, décidée par les autorités, lesquelles ont accordé un délai aux occupants légaux.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre de l’aménagement de la nouvelle Avenue Royale, mais elle intervient dans un contexte sensible, susceptible d’être exploitée et d’aggraver la tension encore perceptible après les incidents enregistrés lors de la finale de la CAN 2025, malgré les signes d’apaisement émanant des deux capitales, au plus haut niveau des États, après des tentatives d’instrumentalisation du football à d’autres fins.
Ce marché a toute une histoire derrière lui et nourrissait des perspectives de projets d’agrandissement, mais il doit désormais revoir l’ensemble de ses prévisions avec inquiétude. Son éventuel transfert vers un autre site ne lui offrirait pas la même position stratégique que celle dont il jouit en plein centre de Casablanca, au risque de perdre son rôle de lieu de rencontre privilégié pour les membres de la communauté, où sont exposés les produits du pays et où résonnent, en écho, les différents dialectes sénégalais.
Véritable fourmilière regroupant une diversité de métiers et générant un chiffre d’affaires quotidien appréciable, ce marché représente bien plus qu’un simple espace commercial. Sa disparition, en tant que présence symbolique, pourrait être instrumentalisée par certains supporteurs sénégalais pour raviver les tensions et faire écho aux incidents de Rabat, survenus lors du match de leur équipe nationale contre les Lions de l’Atlas. D’autant que d’importants rassemblements s’y tiennent fréquemment, faisant de ce site un point sensible qu’il serait prudent de surveiller, à travers un dispositif adapté, afin de parer à toute éventualité.
Par Jalil Nouri










Contactez Nous