Il aura suffi d’une vidéo pour que le prix de la sardine au Maroc prenne un tournant inattendu. Abdelilah, un vendeur de poissons à Marrakech, a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux en affichant son poisson à 5 dirhams le kilo, bien loin des 15 dirhams habituels. Ce coup de communication, qui s’est rapidement transformé en phénomène national, a inspiré d’autres poissonniers à Tanger, Mehdia, Salé et dans d’autres villes du royaume. Désormais, on voit de jeunes vendeurs crier fièrement le prix de 5 dirhams le kilo, défiant ainsi les pratiques commerciales établies.
Mais derrière cette baisse soudaine du prix de la sardine se cache une réalité bien plus sombre. Des vidéos circulant en parallèle montrent des pêcheurs constatant avec effroi des milliers de sardines mortes flottant sur l’eau, jetées volontairement par de grandes barques. L’objectif ? Éviter un afflux massif de sardines sur le marché et empêcher l’effondrement des prix. Ce geste, perçu comme un scandale écologique et économique, soulève de nombreuses questions : comment justifier un tel gaspillage alimentaire alors que la crise économique frappe durement les Marocains ? Pourquoi priver le peuple d’un produit accessible à la veille du Ramadan, période où le poisson est un élément central du ftour ?
L’affaire Abdelilah illustre parfaitement l’impact des réseaux sociaux sur les tendances économiques et la fixation des prix. En quelques jours, il a déclenché une vague de solidarité chez les poissonniers et une prise de conscience collective chez les consommateurs. Son initiative a mis en lumière la spéculation autour d’un produit pourtant abondant, mais dont l’accès est contrôlé par des intermédiaires et des stratégies de raréfaction.
Alors que le Maroc traverse une période d’inflation marquée et que les familles s’inquiètent du coût des denrées alimentaires en prévision du Ramadan, cette polémique révèle un système opaque où l’offre et la demande sont artificiellement manipulées. La sardine, souvent considérée comme le « poisson du pauvre », pourrait bien devenir le symbole d’un ras-le-bol populaire face à une économie où les prix semblent dictés par des logiques spéculatives plutôt que par les besoins réels des citoyens.
Au-delà de la sardine, cette mobilisation citoyenne illustre un mécontentement généralisé face à la flambée des prix des produits de première nécessité. En parallèle de la polémique sur le poisson, des appels au boycott du poisson, de la viande, du poulet et des œufs se multiplient sur les réseaux sociaux. De plus en plus de Marocains dénoncent une hausse des prix qu’ils jugent injustifiée, en particulier à l’approche du Ramadan, une période où la consommation alimentaire atteint son pic.
Ce mouvement de contestation, porté par les consommateurs eux-mêmes, révèle un ras-le-bol face à un marché où l’offre est artificiellement contrôlée pour maintenir des prix élevés. Il met également en lumière l’impact grandissant des réseaux sociaux dans la lutte contre la spéculation et le pouvoir des citoyens à influencer les dynamiques économiques.
Reste à voir si ces actions auront un effet durable sur la régulation des prix ou si elles seront rapidement étouffées par des stratégies commerciales bien rodées. Quoi qu’il en soit, la vague de mécontentement actuelle pourrait bien être le prélude à une prise de conscience plus large sur les enjeux économiques et alimentaires au Maroc.
Par Salma Semmar
En avant boycotter touts les aliments chères œufs poissons viandes et même les prochaines élections vous êtes forts un peuple qui peu changer le Maroc ne compter plus sur les khoukhous de politique