Deux figures influentes du cercle de Donald Trump et de la Silicon Valley s’apprêtent à fouler le sol africain, chacune avec des objectifs bien distincts, mais révélateurs de l’intérêt stratégique croissant que représente le continent pour les États-Unis.
D’un côté, Massad Boulos, homme d’affaires américain d’origine libanaise et beau-père de Tiffany Trump, a été officiellement nommé conseiller spécial pour l’Afrique par le département d’État américain. Déjà chargé des dossiers du Moyen-Orient et du monde arabe, il s’apprête à entamer une tournée diplomatique en République démocratique du Congo (RDC), au Rwanda, au Kenya et en Ouganda à partir de ce jeudi.
Sa mission : contribuer à une solution de paix durable dans l’est de la RDC, en proie depuis 2021 à une insurrection armée du groupe M23, qui a récemment pris le contrôle de zones stratégiques telles que Goma et Bukavu. Boulos, accompagné de la diplomate Corina Sanders, rencontrera des chefs d’État et des dirigeants d’entreprise afin de renforcer l’engagement américain, notamment par le biais de partenariats économiques avec le secteur privé.
Cette démarche illustre une tendance de plus en plus marquée de l’entourage de Donald Trump à assumer des rôles diplomatiques informels, souvent en dehors des circuits traditionnels, mais avec une efficacité parfois surprenante sur le terrain.
Musk de retour en Afrique : entre racines et ambitions spatiales
Parallèlement, le magnat de la tech Elon Musk prépare une tournée africaine qui commencera par un retour symbolique dans son pays natal, l’Afrique du Sud, avant de se poursuivre au Kenya le 13 juin, puis probablement au Maroc, plus précisément à Casablanca.
Ce déplacement n’est pas purement diplomatique : Musk viendra rencontrer des développeurs, responsables politiques et entrepreneurs locaux, avec en ligne de mire deux axes majeurs d’investissement :
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Le soutien au développement numérique en Afrique via son entreprise Starlink, fournisseur d’accès Internet par satellites,
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Et la consolidation de liens industriels avec Tesla, déjà initiés depuis 2021 avec l’usine STMicroelectronics à Bouskoura, au Maroc, qui fournit des pièces pour les véhicules électriques du groupe.
Des discussions approfondies ont été engagées entre Starlink et les autorités marocaines depuis l’été 2024, notamment à l’occasion du Qatar-Africa Business Forum à Marrakech. L’objectif : déployer Starlink dans le Royaume, y compris dans les zones reculées comme le Sahara, et faire du Maroc un hub technologique régional.
Une Afrique convoitée
Que ce soit sur le plan géopolitique ou technologique, l’Afrique se retrouve au cœur des ambitions américaines, entre efforts de stabilisation et convoitise économique. Si la présence de figures telles que Boulos et Musk témoigne de visions très différentes, elle souligne une même volonté : celle de ne plus laisser le continent à la marge des grandes dynamiques mondiales.
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