La voie est désormais bien balisée, et l’homme dispose du profil ainsi que de l’ensemble des compétences requises pour succéder à Aziz Akhannouch. Non seulement pour prendre les commandes du RNI, formation dont il est membre et au sein de laquelle il a été ancien coordinateur dans la région de l’Oriental, avant d’être nommé ministre délégué chargé du Budget, mais également pour être en mesure, le cas échéant, d’accéder à la tête du gouvernement si ce parti venait à être appelé à le diriger, seul ou en coalition.
La carte du président de la Fédération royale marocaine de football, présentée jusqu’ici comme un joker, apparaît désormais, aux yeux du RNI, comme une carte gagnante à presque tous les coups, notamment si l’équipe nationale venait à remporter dimanche la finale de la CAN face au Sénégal. Une victoire qui pourrait transformer un succès sportif en véritable tremplin politique.
Il est vrai que, dans un premier temps, l’image de Fouzi Lekjaa avait été sérieusement écornée, notamment en raison des dépenses jugées astronomiques engagées pour la construction des stades et l’organisation de la compétition africaine. Mais la vox populi semble avoir revu son jugement. Aujourd’hui, il est perçu comme l’homme qui a redonné au pays et à son football leurs lettres de noblesse, conduit le Maroc vers la Coupe du monde 2030 et réussi l’organisation de la CAN.
Discret sur le plan politique et peu enclin au militantisme classique, le ministre chargé du Budget n’en demeure pas moins très apprécié par le Roi, notamment pour sa charge de travail, la gestion rigoureuse du budget de l’État, le pilotage d’échéances sportives majeures, son rendement élevé, sa visibilité internationale, son profil de haut fonctionnaire, son leadership et ses capacités managériales, sans oublier un parcours jusqu’ici sans faute.
Reste à savoir si Aziz Akhannouch n’a pas, en réalité, déjà identifié en lui son successeur idéal. Un tel CV à la tête du RNI pourrait considérablement gonfler les résultats électoraux en septembre, dans un contexte où l’ancien chef du gouvernement a été contraint de se retirer, redoutant des scores défavorables. Avec Lekjaa, malgré une tâche qui s’annonce titanesque, le choix apparaît comme le plus pertinent et le plus judicieux pour cette formation.
Les jeux seraient-ils déjà faits d’avance ?
Par Jalil Nouri
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