L’Algérie ne cache plus son ambition de mener une véritable guerre d’influence contre le Maroc dans les instances dirigeantes du football africain. La réélection, sans surprise, de Walid Sadi à la tête de la Fédération algérienne de football (FAF) pour un mandat de quatre ans, tout en restant ministre des Sports, est une manœuvre stratégique visant à renforcer sa présence au sein du Comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF), où siège également le Maroc par l’intermédiaire de Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
Dès son réinvestiture, Walid Sadi n’a pas caché les véritables intentions de son maintien à la tête de la FAF. Dans un discours qui en dit long sur la stratégie algérienne, il a déclaré :
« Aujourd’hui, j’ai beaucoup parlé du soft power. Vous constatez qu’avec le football, nous intervenons désormais dans les politiques des États. C’est pourquoi je pense que le président de la République a une vision stratégique forte à travers laquelle il veut que la diplomatie sportive retrouve toute sa puissance. »
Un aveu sans détour : l’Algérie veut se servir du football comme un levier politique pour influencer l’ordre diplomatique en Afrique. Une posture qui s’inscrit directement dans la rivalité persistante qu’elle entretient avec le Maroc sur tous les fronts, y compris celui du sport.
Dans la même lancée, Sadi a insisté sur la nécessité de « renforcer le front national, notamment dans le domaine des médias », un appel à une mobilisation médiatique pour faire de la FAF un instrument de propagande au service du régime algérien. Ce discours laisse entendre que l’Algérie est prête à instrumentaliser le sport pour affaiblir ses adversaires diplomatiques, en premier lieu le Maroc.
L’Algérie n’a pas seulement misé sur une posture offensive, elle a également joué en coulisses pour assurer sa place au sein du Comité exécutif de la CAF. Selon plusieurs sources, le retrait de dernière minute de la candidature du Tunisien Hussein Jeneh n’est pas anodin. La presse tunisienne révèle en effet que le président algérien Abdelmadjid Tebboune aurait contacté son homologue Kaïs Saïed pour négocier un accord secret, aboutissant à ce retrait au profit de Walid Sadi.
Ce coup de théâtre diplomatique illustre la volonté de l’Algérie de verrouiller son influence au sein de la CAF et d’évincer toute concurrence susceptible d’équilibrer les rapports de force, notamment face au Maroc, qui s’est imposé ces dernières années comme un acteur majeur du football africain.
Le Maroc, représenté par Fouzi Lekjaa, a su bâtir une réputation solide au sein de la CAF et de la FIFA grâce à des actions concrètes pour le développement du football africain. Le Royaume a investi dans des infrastructures sportives modernes, conclu des partenariats stratégiques avec plusieurs fédérations africaines et s’est positionné comme un acteur clé du football continental.
Cette montée en puissance du Maroc sur la scène sportive africaine dérange Alger, qui tente d’utiliser tous les leviers possibles pour freiner cette dynamique. En maintenant Walid Sadi à la tête de la FAF tout en étant ministre des Sports, l’Algérie cherche à opposer un contrepoids politique au Maroc au sein de la CAF et à influer sur les prises de décision dans le but de limiter l’expansion marocaine.
L’Algérie montre une fois de plus qu’elle est prête à faire du football une arme diplomatique pour contrer le Maroc. Après avoir tenté de saboter l’organisation de la CAN 2025 au Maroc, interdit le passage des avions marocains transportant l’équipe nationale et boycotté les compétitions organisées sur le sol marocain, elle cherche désormais à peser dans les instances dirigeantes africaines pour infléchir les décisions en sa faveur.
Toutefois, malgré ces tentatives, le Maroc conserve une longueur d’avance grâce à sa crédibilité et à ses réalisations concrètes en matière de développement du football africain. Face à cette offensive algérienne, il ne fait aucun doute que la rivalité entre les deux pays continuera de se jouer bien au-delà des terrains, dans les coulisses du pouvoir sportif continental.
Salma Semmar
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