Le gel brutal de l’aide étrangère américaine décidé par l’administration Trump en janvier 2025 a frappé de plein fouet le tissu associatif marocain. Des dizaines d’ONG, jusque-là soutenues par l’USAID, se sont retrouvées du jour au lendemain sans visibilité financière, contraintes de suspendre des projets, licencier du personnel et se lancer dans une course contre la montre pour trouver des financements alternatifs.
Figures reconnues de la coopération, comme la Marocaine Yasmina Sarhrouny, engagée de longue date sur l’égalité des sexes et la gouvernance locale, ont décrit un « choc » et une « incrédulité absolue ». Le décret présidentiel signé le 20 janvier a d’abord annoncé une révision de 90 jours, avant que 83 % des programmes de l’USAID ne soient tout simplement arrêtés.
Sur le terrain, les ONG marocaines ont découvert l’arrêt des financements souvent… par la presse. Une enquête de l’ONG rabatie MRA a montré que seules 7 associations sur 37 avaient été informées officiellement de l’ordre d’arrêt. Les autres avaient déjà avancé leurs propres fonds, dans le cadre de mécanismes de remboursement, et ont dû attendre des mois pour récupérer les montants dus.
Des programmes structurants, comme le projet de Développement socio-économique inclusif à Marrakech-Safi, doté de 18 millions de dollars, ont fermé, laissant des équipes entières au chômage.
Au-delà du Maroc, la décision américaine s’inscrit dans une tendance mondiale à la baisse de l’aide publique au développement, fragilisant durablement des partenariats construits sur plusieurs décennies. Pour nombre d’acteurs marocains, un constat s’impose : il faudra désormais compter moins sur Washington et davantage sur la diversification des bailleurs et des ressources locales.











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