Rien ne va plus entre Washington et Madrid depuis que le président américain a exprimé ouvertement sa colère à l’égard de l’Espagne, dont il attendait une position solidaire concernant l’intervention américaine en Iran aux côtés d’Israël. Or, Madrid n’a cessé de critiquer cette opération, la qualifiant de contraire au droit international.
La tension est montée d’un cran avec la décision du gouvernement espagnol d’interdire le départ d’avions de combat américains stationnés dans les bases militaires situées en Espagne pour rejoindre les zones d’opérations dans le Golfe. Cette décision a provoqué une réaction particulièrement virulente du président américain, qui n’a pas caché son irritation face à ce qu’il considère comme un manque de loyauté stratégique.
La dégradation des relations entre les États-Unis et l’Espagne a ainsi atteint un niveau rarement observé ces dernières années. Dans certains cercles stratégiques américains, l’hypothèse d’une relocalisation de certaines installations militaires vers le Sahara marocain commence à circuler. Un tel projet présenterait, selon ses partisans, des avantages logistiques et financiers, tout en rapprochant ces infrastructures du continent européen.
Cette idée ne date pas d’hier et aurait déjà été évoquée depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, notamment dans le cadre d’une réflexion plus large sur la réduction des coûts de fonctionnement des bases américaines en Europe. Dans cette même logique, Washington envisagerait également de déplacer certaines installations militaires actuellement situées en Allemagne.
Une telle perspective ne manquerait pas de susciter l’inquiétude de Madrid. L’Espagne, ancienne puissance coloniale au Sahara et aujourd’hui partenaire stratégique du Maroc, pourrait percevoir ce scénario comme contraire à l’esprit de bon voisinage, même si le Royaume n’en serait pas directement à l’origine. Certains analystes estiment néanmoins qu’une telle implantation pourrait aussi renforcer la sécurité régionale et servir indirectement les intérêts européens.
Tout dépendra désormais de l’évolution des relations entre Madrid et Washington dans ce contexte international particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, les divergences se multiplient, notamment en raison du soutien affiché par le gouvernement espagnol aux Palestiniens de Gaza et de ses accusations contre Israël, accusé de mener une guerre assimilée par certains responsables espagnols à un génocide. Une position vivement critiquée par Donald Trump, qui semble désormais avoir le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez dans son viseur.
Par Jalil Nouri


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