Alors que le mois sacré du Ramadan approche, les prix des œufs connaissent une hausse préoccupante au Maroc, une tendance qui inquiète fortement les consommateurs. Aliment de base dans de nombreux foyers, notamment pendant cette période de forte consommation, l’œuf atteint actuellement près de 2 dirhams l’unité, et pourrait encore augmenter en raison d’une demande accrue et d’une offre insuffisante.
Une production en chute libre
La situation est aggravée par une baisse alarmante de la production nationale. Selon les données du secteur avicole, la production mensuelle d’œufs a chuté de 60%, passant de 19 millions à seulement 11 millions d’unités. Cette baisse est attribuée à plusieurs facteurs, notamment les coûts élevés des matières premières et la crise des éleveurs, qui peinent à maintenir leur activité.
Mohamed Aabboud, président de l’Association nationale des éleveurs de volailles au Maroc, explique que malgré la disponibilité des produits, les coûts de production explosent. Bien que les prix des aliments pour volaille aient baissé sur le marché international, ils restent élevés au Maroc, principalement en raison d’un manque de concurrence et d’un contrôle accru du marché par les grandes entreprises.
Aabboud souligne que les petits et moyens éleveurs sont les plus durement touchés, car les aides gouvernementales ne leur bénéficient pas directement. Sur les 10 milliards de dirhams alloués en 2023 au secteur avicole, seule une fraction a réellement atteint les éleveurs indépendants, ce qui les pousse à quitter progressivement le marché. En conséquence, la production nationale continue de diminuer, entraînant une hausse inévitable des prix pour les consommateurs.
Avec une demande qui explose pendant le Ramadan, les prix des œufs devraient franchir un nouveau cap dans les semaines à venir. Alors que les consommateurs marocains espéraient une intervention rapide du gouvernement, aucune solution concrète n’a encore été mise en place.
Certains professionnels du secteur suggèrent l’importation d’œufs, une mesure qui avait permis de stabiliser les prix lors de la crise de 2016. Cependant, l’absence d’action immédiate risque d’aggraver la situation, rendant ce produit essentiel encore plus inaccessible pour les foyers à faible revenu.
Actuellement, le prix d’un « plateau » d’œufs varie entre 50 et 51 dirhams sur le marché de détail, tandis qu’en gros, il oscille entre 39 et 40 dirhams. Les consommateurs se retrouvent face à une flambée des prix difficile à absorber, et beaucoup pourraient réduire leur consommation, impactant ainsi l’ensemble du marché.
Face à cette crise annoncée, les autorités seront-elles en mesure de réagir à temps pour éviter une envolée incontrôlée des prix ? Une question qui reste en suspens, mais qui préoccupe déjà de nombreux ménages marocains.
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