Après avoir pris l’initiative d’ouvrir des concertations avec les avocats afin de mettre un terme à leur mobilisation et aux grèves ayant paralysé les tribunaux, le chef du gouvernement est désormais appelé à faire de même avec les adouls. Plus aucun dialogue constructif ne semble en effet possible avec l’auteur d’une réforme contestée, le ministre de la Justice, Abdelatif Ouahbi, vivement critiqué par la profession.
Estimant que le texte qui sera présenté au Parlement signerait la fin de décennies d’exercice de leur métier et menacerait leurs prérogatives ainsi que leur marge de manœuvre, les adouls, qui entament pour la première fois une grève d’une semaine, ne voient plus d’autre issue que de solliciter une audience auprès du chef du gouvernement afin qu’il intervienne en médiateur avant un éventuel durcissement du mouvement.
Mais pour le chef de l’exécutif, la marge est étroite. Il lui serait difficile de prendre le risque de désavouer un ministre qui répète, à longueur d’interviews, qu’il ne reculera pas sur sa réforme, allant jusqu’à évoquer son départ du gouvernement en cas de remise en cause.
Pour les adouls, engagés pour la première fois de leur histoire dans un bras de fer avec leur ministre de tutelle, il n’est pas question qu’Aziz Akhannouch leur refuse le geste d’apaisement accordé aux avocats grévistes. Déterminés, structurés et fermes dans leurs revendications, ils dénoncent une réforme jugée précipitée et élaborée sans concertation.
Renforcée par l’arrivée croissante de femmes dans une profession longtemps réservée aux hommes, la mobilisation pourrait encore s’intensifier. À défaut d’une suspension et d’une révision du texte, la paralysie du circuit judiciaire pourrait s’installer durablement. Pour le gouvernement, cette crise s’ajoute à une fin de mandat déjà marquée par les tensions.
Par Jalil Nouri


Contactez Nous