Les avocats marocains viennent de remporter leur bras de fer engagé avec le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, grâce à une stratégie payante après des mois de blocage au Parlement.
En se rapprochant du chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, au lieu de continuer à tenter de convaincre le ministre de revenir sur sa réforme, les robes noires ont fini par récolter les fruits de leur détermination, obtenant ainsi un nouveau projet de loi répondant à leurs attentes.
Ce revers et ce désaveu devraient, en principe, pousser le ministre à rendre le tablier. Les principaux points controversés, imposés contre vents et marées par Ouahbi, ont tout simplement été retirés du texte initial et révisés conformément aux revendications des avocats. Pourtant, le ministre avait catégoriquement refusé de les discuter avec eux, les poussant à paralyser les tribunaux pendant plusieurs jours. Finalement, leur mobilisation leur a donné raison.
L’exercice de la profession ne sera pas lié de manière organique au ministère de la Justice. Il restera indépendant et libéral, permettant aux avocats de plaider partout au Maroc, ainsi qu’à l’étranger, conformément aux accords internationaux. Seuls les barreaux seront habilités à délivrer les autorisations d’exercer. Par ailleurs, l’accès à la profession exigera désormais un master, au lieu de la licence en droit actuellement requise.
Enfin, pour les bâtonniers, la durée du mandat sera fixée à trois ans, non renouvelable.
En attendant que le texte révisé soit débattu et amendé au Parlement avant son adoption finale, les avocats peuvent savourer une victoire historique face à l’intransigeance d’un ministre, lui-même issu de cette corporation, qui aura suscité de vives tensions ces derniers mois autour de cette lutte pour leurs droits.
Par Jalil Nouri



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