L’entreprise de livraison s’apprête à vivre une grève paralysante sur l’ensemble du territoire marocain. Des milliers de livreurs sont engagés dans un bras de fer avec la direction espagnole, dont ils contestent les méthodes de gestion. Ils reprochent notamment à l’entreprise de générer d’énormes bénéfices tout en les exploitant, sans les associer équitablement aux fruits de cette réussite.
Il s’agira de la plus importante grève depuis l’implantation de la société au Maroc. Déjà fragilisée par des conflits sociaux récurrents, la plateforme peine à instaurer un climat social serein, malgré son application performante et l’importance de son réseau, particulièrement à Casablanca où elle réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires.
Les livreurs dénoncent des salaires bas et stagnants, des horaires exténuants, l’absence de protection sociale et de primes incitatives. Faute d’avoir été entendus, ils ont décidé de lancer un mouvement de grève de 48 heures, les 1er et 2 septembre, qui privera une large partie de la clientèle d’un service désormais incontournable pour les citadins et pour de nombreuses enseignes dépendantes de la livraison rapide.
Malgré les perturbations que cette mobilisation risque d’engendrer, les livreurs bénéficient d’un soutien massif sur les réseaux sociaux. De nombreux clients expriment leur solidarité et appellent à maintenir la pression jusqu’à satisfaction des revendications, jugées légitimes et minimales au regard de la nature exigeante de leur travail.
Si aucun compromis n’est trouvé, les livreurs se disent prêts à poursuivre leur mouvement et à durcir la contestation, quitte à accentuer la pression sur l’entreprise.
Par Jalil Nouri