Plus la guerre au Moyen-Orient s’éternise, plus le moral des Marocains reste en berne, en surconsommant une overdose d’images et d’informations sur les chaînes satellitaires.
Dans les marchés et les centres commerciaux, les réactions de surprise et de désolation à la vue des augmentations abusives des articles et produits de grande consommation prennent le relais des échanges entre clients désabusés et désespérés de voir ce conflit lointain s’aggraver de jour en jour, au milieu d’annonces toujours aussi pessimistes.
L’activité économique se ressent d’ailleurs de cette morosité affligeante qui a eu pour effet deux tendances contradictoires : d’un côté, le penchant pour la réalisation d’économies en prévision de jours difficiles, et la seconde, à l’autre extrémité, le souci de stocker les marchandises à domicile en cas de futures difficultés ou cessation d’approvisionnements. Ces dernières, présentées comme inévitables, commencent à se faire ressentir selon certaines sources qui enfoncent le clou en prévoyant parallèlement des coupures d’électricité quotidiennes.
Face à ce début de panique, le gouvernement a fini par réagir, certes, pour rassurer sur l’état des stocks et les prix de l’énergie qui resteront stables malgré la dernière augmentation ce mercredi, mais c’est autant convaincre des passagers en plein naufrage. Contrairement à la première guerre du Golfe, celle d’aujourd’hui se trouve mal perçue et mal expliquée en raison de l’influence des réseaux sociaux qui tendent à déformer la réalité et à généraliser les limites de la gestion de crise.
Manquant chroniquement de communication, le gouvernement et son porte-parole ont failli à leur mission et à leur rôle pédagogique dans les médias pour un point quotidien de sensibilisation sur les développements et la situation dans les marchés et tous les autres volets des conséquences sur la vie quotidienne en cas d’extrême aggravation de la situation économique et des dérèglements énergétiques. L’expérience dans ce domaine lors du Covid-19 n’a malheureusement pas été retenue pour la grave crise actuelle.
Par Jalil Nouri












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