Le parti du chef du gouvernement, le RNI, s’est résigné à accepter sa décision de mettre fin à sa carrière politique lors du prochain congrès du 7 février et s’est déjà lancé dans la recherche d’un successeur, en procédant à un appel à candidatures, après avoir vainement tenté de l’en dissuader. Sa réponse a toutefois été définitive : « Je ne reviendrai pas là-dessus, c’est non trois fois ; à vous, bureau politique, de gérer. »
Alors qu’une bataille féroce est d’ores et déjà engagée entre les cadors du parti et les jeunes loups entrant en politique ou n’ayant que récemment rejoint le RNI, Akhannouch a, une fois encore, surpris les militants en brouillant les cartes. Il n’a proposé aucun nom pour sa succession, n’a ouvert aucun débat sur le sujet, se contentant de faire référence au règlement interne afin d’éviter, par la suite, tout reproche en cas d’échec du successeur.
Mais l’histoire retiendra surtout la sortie peu élégante d’Akhannouch, qui n’a pas préparé l’après et a laissé le parti dans un climat pesant, potentiellement menaçant pour l’avenir du RNI et sa stabilité immédiate. Les analystes auront beau dire ce qu’ils voudront : Akhannouch a d’abord surpris tout le monde, y compris au sein de sa garde rapprochée, ses conseillers, ses soutiens et amis, en prenant seul, et de manière brutale, cette décision, alors qu’il s’adressait à eux quelques minutes plus tôt, le sourire aux lèvres et visiblement enthousiaste.
Sorti brusquement de la réunion à laquelle il participait, il y est revenu un court instant plus tard, la mine grise et nerveuse, pour annoncer sa décision sur un ton grave. Sans attendre, la double hypothèse — celle d’avoir reçu de mauvais chiffres sur les faibles chances de voir son parti remporter les élections, et celle d’avoir reçu, en conséquence, l’ordre de partir pour sauver la face, la sienne comme celle de son parti — a rapidement germé dans les esprits présents.
D’autres secrets derrière ce véritable tsunami politique pourraient parvenir à l’opinion publique lors du congrès extraordinaire du parti prévu le 7 février à El Jadida. D’ici là, beaucoup d’eau coulera sous les ponts et le mystère de cet imbroglio finira sans doute par s’éclaircir.
Par Jalil Nouri



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